Publié le 12 août 2026, mis à jour le 15 septembre 2026
Prévalence du trouble de stress post-traumatique complexe : que peut-on conclure de 167 études ?
Psychiatry Research · 2025 ; 351 : 116586 · Huynh PA et al.
DOI 10.1016/j.psychres.2025.116586
PMID 40570696
Scientifique 80
Éditorial 88
L’essentiel
Une revue systématique avec méta-analyse rassemble 167 études et 138 681 participants pour estimer la prévalence du trouble de stress post-traumatique complexe (CPTSD), entité introduite par la CIM-11. L’estimation poolée globale, tous échantillons confondus, est de 6,2 % (intervalle de confiance à 95 % de 3,7 à 10,3 %). Dans les seuls échantillons exposés à un traumatisme, elle atteint 12,4 % (intervalle de confiance à 95 % de 7,7 à 19,3 %). Elle est la plus élevée dans les échantillons cliniques (44,7 %), chez les personnes ayant subi des violences domestiques ou sexuelles (40,0 %) et dans les échantillons militaires (36,4 %), la plus basse dans les services d’urgence (7,4 %). Le point décisif n’est pas la moyenne, c’est la dispersion : dans le tableau détaillé du matériel supplémentaire, les prévalences rapportées étude par étude vont de 0 à 93 %. À ce niveau d’écart, une prévalence poolée décrit l’étendue de ce qui a été observé d’une étude à l’autre ; elle ne fournit pas une valeur attendue transposable à une file active donnée. Aucune différence de prévalence entre les genres n’a été observée, ce qui n’équivaut pas à une démonstration d’absence de différence. Ce que l’étude soutient de façon robuste est plus simple, et suffit à modifier une consultation : dans les populations exposées à un traumatisme, et plus encore en contexte de soins, le CPTSD est fréquent, et ne pas le chercher revient à ne pas le voir.
Le contexte
La CIM-11 distingue deux diagnostics là où la pratique française en manie souvent un seul. Le PTSD au sens strict associe reviviscences, évitement et sentiment de menace actuelle. Le CPTSD y ajoute trois dimensions dites de perturbation de l’organisation de soi : une dysrégulation affective, un concept de soi négatif et persistant, et des difficultés durables dans les relations interpersonnelles. Ces trois dimensions ne sont pas des adjectifs de gravité, ce sont des critères.
Le DSM-5-TR ne retient pas le CPTSD comme diagnostic distinct. Un praticien qui raisonne avec le DSM et qui utilise un auto-questionnaire construit sur le DSM ne dispose donc d’aucun item explorant ces trois dimensions. La question posée par cette méta-analyse est celle de la fréquence : si le CPTSD ne représente qu’une frange des présentations post-traumatiques, la distinction reste académique ; s’il en représente une part importante, l’absence d’exploration devient un problème de repérage. Cette étude ne traite ni du calendrier français de bascule vers la CIM-11, ni de la disponibilité d’une version française validée des instruments employés.
Méthode
L’étude en un coup d’œil
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Population | Échantillons exposés à un traumatisme et échantillons potentiellement exposés, tous âges, dans un grand nombre de pays |
| PrécisionLes auteurs séparent les échantillons réellement exposés à un traumatisme des échantillons potentiellement exposés, et conduisent les analyses de biais de publication séparément sur ces deux ensembles. L’étendue géographique est large : le tableau des échantillons recense des dizaines de pays, et deux des travaux inclus sont eux-mêmes multinationaux, l’un portant sur 39 pays, l’autre sur 52. | |
| Mesure | Prévalence du CPTSD mesurée par des instruments validés d’évaluation de la CIM-11 |
| PrécisionLes auteurs inscrivent parmi leurs limites l’absence d’instruments administrés par un clinicien. Une prévalence mesurée par questionnaire n’est pas une prévalence de diagnostics posés en entretien. | |
| Recherche documentaire | Cinq bases interrogées jusqu’au 31 janvier 2025, articles publiés en revue à comité de lecture |
| PrécisionWeb of Science, Scopus, PsycNET, Psych and Behavioural Sciences Collection et PubMed. Le matériel supplémentaire documente deux vagues de recherche, le 21 novembre 2023 puis le 31 janvier 2025, et des limiteurs de langue anglaise sur trois des cinq bases. | |
| Critère | Prévalence poolée du CPTSD, globale et par sous-groupe de population |
| PrécisionModèle à effets aléatoires, package meta sous R. Les prévalences sont poolées après transformation de Freeman-Tukey (double arcsinus), comme l’indiquent les axes des funnel plots du matériel supplémentaire. Des analyses par genre ont été conduites là où la prévalence était rapportée séparément pour les femmes et les hommes. | |
| Design et effectifs | Revue systématique avec méta-analyse à effets aléatoires : 167 études, 138 681 participants |
| PrécisionLa qualité des études incluses a été évaluée par la check-list du Joanna Briggs Institute (JBI) pour les études de prévalence. Aucune étude n’a été exclue sur ce critère. | |
Qualité
Le contrôle de qualité
Une méta-analyse de prévalence n’a pas de randomisation, pas d’insu et pas de bras comparateur : l’outil RoB 2 ne s’y applique pas. Ce qui se contrôle ici est double : la conduite de la revue elle-même, et la qualité des études qu’elle agrège, évaluée par la check-list JBI.
| Domaine | Jugement |
|---|---|
| Stratégie de recherche | Cinq bases, deux vagues, équation détaillée |
| ConstatL’équation de recherche est publiée base par base, avec le nombre de références retournées à chacune des deux dates. C’est le niveau de transparence attendu, et il est atteint. | |
| Périmètre du corpus | Anglais, revues à comité de lecture |
| ConstatLa recherche est limitée aux articles publiés en revue à comité de lecture, avec des limiteurs de langue anglaise sur plusieurs bases. Ces deux restrictions sont défendables au titre de la standardisation, mais elles retirent du corpus des travaux souvent conduits sur des populations peu représentées. Le sens dans lequel elles déplacent la prévalence poolée n’est pas déterminable ici. | |
| Qualité des études incluses | JBI appliquée, aucune exclusion |
| ConstatL’outil JBI est celui recommandé pour les études de prévalence. Les auteurs indiquent qu’aucune étude n’a été écartée à l’issue de cette évaluation : la check-list décrit donc le corpus, elle ne le filtre pas. | |
| Hétérogénéité des échantillons | Échantillons non comparables entre eux |
| ConstatLe tableau des caractéristiques réunit sous une même estimation des échantillons nationaux représentatifs, des étudiants recrutés en ligne, des patients hospitalisés, des demandeurs d’asile et des vétérans. C’est la limite structurante de tout l’édifice : la prévalence poolée agrège des populations dont rien ne garantit qu’elles relèvent d’une même quantité. | |
| Définition du traumatisme | Définitions inconstantes, limite reconnue |
| ConstatLes auteurs inscrivent eux-mêmes parmi leurs limites l’inconstance des définitions du traumatisme d’une étude à l’autre, ainsi que l’absence d’instruments administrés par un clinicien. Le tableau détaillé confirme la diversité des outils d’évaluation de l’exposition. | |
| Biais de publication | Funnel plots nettement asymétriques |
| ConstatLes quatre funnel plots du matériel supplémentaire montrent une asymétrie marquée sur les deux ensembles d’échantillons, exposés et potentiellement exposés. Une procédure de trim-and-fill a été appliquée : elle impute un nombre important d’études manquantes du côté des prévalences basses, ce qui va dans le sens d’une surestimation des prévalences poolées par le corpus publié. L’ampleur chiffrée de cette correction ne figure pas dans les éléments consultés. | |
| Financement et liens d’intérêts | Bourses doctorales publiques et associatives |
| ConstatLa première autrice déclare un soutien financier de l’Australian Rotary Health et du Rotary Club de Victor Harbor sous forme d’une bourse doctorale ; un autre auteur bénéficie d’une allocation du Research Training Program du gouvernement australien. Les auteurs déclarent n’avoir aucun autre intérêt financier, relation, brevet ou activité susceptible d’être perçu comme influençant le travail soumis. Aucun financement industriel n’est déclaré. | |
Résultats
Les résultats
| Résultat | Valeur rapportée |
|---|---|
| Estimation poolée globale | 6,2 % (intervalle de confiance à 95 % de 3,7 à 10,3 %) |
| LectureIl s’agit de l’estimation tous échantillons confondus, et non d’une prévalence en population générale. La distinction compte : les auteurs indiquent que la prévalence est plus basse dans la communauté générale et chez les personnels d’urgence et de santé que dans les populations exposées. | |
| Échantillons exposés à un traumatisme | 12,4 % (intervalle de confiance à 95 % de 7,7 à 19,3 %) |
| LectureC’est l’estimation la plus proche d’une question clinique : parmi des personnes dont l’exposition traumatique est établie, environ une sur huit remplit les critères CIM-11 du CPTSD, avec un intervalle de confiance déjà large. | |
| Échantillons cliniques | 44,7 % |
| LectureSous-groupe le plus élevé. La définition de « population clinique » varie d’une étude à l’autre, ce qui contribue à la dispersion observée. Aucun intervalle de confiance n’accompagne ce chiffre dans les éléments consultés. | |
| Violences domestiques ou sexuelles | 40,0 % |
| LectureDeuxième sous-groupe le plus élevé. Cohérent avec la construction théorique du diagnostic, qui vise les traumatismes interpersonnels et répétés, sans que ce travail puisse établir une relation causale. | |
| Échantillons militaires | 36,4 % |
| LectureLes auteurs avancent, à titre d’hypothèse explicative, l’intensité de l’exposition, la limitation du soutien et des facteurs culturels. Ce sont des interprétations, pas des résultats mesurés. | |
| Services d’urgence | 7,4 % |
| LectureSous-groupe le plus bas. L’hypothèse des auteurs, sélection à l’embauche et systèmes de soutien, est également une interprétation. Un effet de travailleur sain ne peut pas être écarté sur ce type de données. | |
| Dispersion entre échantillons | Prévalences rapportées de 0 à 93 % selon l’échantillon |
| LectureRelevé sur le tableau détaillé du matériel supplémentaire. Les valeurs les plus hautes proviennent d’échantillons composés de personnes déjà diagnostiquées avec un PTSD, les plus basses d’échantillons communautaires ou de témoins. Une nouvelle étude, conduite demain dans un nouveau contexte, pourrait produire à peu près n’importe quelle valeur de cet intervalle. | |
| Genre | Aucune différence de prévalence observée |
| LectureLes auteurs relèvent que ce constat contraste avec les taux de PTSD habituellement plus élevés chez les femmes. Ne pas observer de différence n’est pas démontrer qu’elle est nulle : la distinction n’est pas rhétorique, elle interdit d’écrire qu’hommes et femmes sont également touchés. | |
| Biais de publication | Funnel plots asymétriques, procédure de trim-and-fill appliquée |
| LectureLes figures du matériel supplémentaire montrent une asymétrie nette et un grand nombre d’études imputées du côté des prévalences basses. La conclusion pratique est que les estimations poolées sont plus vraisemblablement majorées que minorées. | |
Critique
Lecture critique
| Domaine | Jugement |
|---|---|
| Dispersion et sens de l’estimation poolée | Limite majeure |
| ConstatAvec des prévalences individuelles allant de 0 à 93 %, la prévalence poolée cesse d’être une estimation ponctuelle et devient une description de la dispersion. Ce n’est pas une réserve de bas de page : c’est ce qui commande la lecture de tous les chiffres de l’article. Les sous-groupes proposés, par type de population, expliquent une partie de cette dispersion sans la résorber. | |
| Recrutement des échantillons | Populations non comparables |
| ConstatÉchantillons nationaux représentatifs, étudiants, patients, réfugiés, vétérans, personnels d’urgence : le corpus mêle des modes de recrutement dont la représentativité n’est pas du même ordre. Les estimations censées valoir pour la communauté générale sont les plus vulnérables à cette limite. | |
| Mesure du diagnostic | Pas d’entretien clinicien |
| ConstatLimite reconnue par les auteurs. Agréger des prévalences obtenues avec des instruments et des seuils distincts, sans entretien diagnostique, est une source de dispersion en soi. La part de cette dispersion attribuable au seul instrument n’est pas établie par ce travail. | |
| Absence de différence de genre | Observation, non démonstration |
| ConstatAucune différence n’a été observée, et le tableau supplémentaire montre que plusieurs études ne rapportent pas la prévalence par genre. Dans un corpus aussi dispersé, un effet réel mais modéré peut rester indétectable. Le résultat à retenir est l’absence de conclusion, pas l’égalité démontrée. | |
| Biais de publication | Asymétrie marquée |
| ConstatDeux éléments se cumulent : une asymétrie nette des funnel plots, corrigée par trim-and-fill dans le sens d’une surestimation, et un corpus restreint aux revues à comité de lecture et pour l’essentiel à la langue anglaise. | |
| Transposition à la France | Non traitée par l’étude |
| ConstatAucun résultat propre à la France n’est isolé ici. L’étude ne traite ni de l’usage effectif de la CIM-11 dans le système de soins français, ni de l’existence d’une version française validée des instruments employés. Ces deux points sont à établir ailleurs, et non à déduire de ce travail. | |
| Proportionnalité des conclusions | Conclusions mesurées |
| ConstatPoint à porter au crédit des auteurs : les limites sont énoncées dans le résumé lui-même, définitions inconstantes du traumatisme et absence d’instruments administrés par un clinicien, et la conclusion ne dépasse pas ce que les données permettent. Le risque de durcissement se situe en aval, dans la reprise d’un seul chiffre de sous-groupe. | |
Niveau de preuve
Ce sur quoi la confiance est élevée, et ce sur quoi elle ne l’est pas
La confiance est élevée sur trois points. Premièrement, l’existence d’un corpus considérable : 167 études et 138 681 participants, réunis par une recherche documentée base par base et à deux dates. Deuxièmement, le constat qualitatif que le CPTSD est fréquent, et non marginal, dans les populations exposées à un traumatisme et davantage encore dans les échantillons recrutés en soins. Troisièmement, le fait que ce constat se retrouve dans des contextes culturels très différents, y compris dans deux travaux multinationaux couvrant à eux seuls des dizaines de pays.
La confiance est faible sur tout ce qui est un nombre. Aucune des prévalences poolées ne peut être utilisée comme valeur attendue dans une population donnée, et le rappeler n’est pas un excès de prudence méthodologique : c’est la conséquence directe d’une dispersion allant de 0 à 93 % d’un échantillon à l’autre, et d’une asymétrie de publication qui joue dans le sens de la majoration. La confiance est également faible sur la comparaison entre genres, dont le résultat est non concluant, sur la comparaison entre instruments de mesure, qui n’est pas l’objet de ce travail, et sur toute projection française, qui n’est pas abordée. Le design d’une revue systématique avec méta-analyse qualifie le niveau d’organisation de la preuve, pas la solidité de chaque estimation qui en sort.
Le test du confrère
Ce que dirait un confrère expérimenté à qui l’on présente cette étude en deux minutes, entre deux consultations.
« Le chiffre qui m’arrête, c’est 44,7 % dans les échantillons cliniques. Mais je regarde le détail juste à côté, des études qui vont de 0 à 93 %, et je me dis que cette moyenne rassemble des échantillons qui n’ont rien à voir entre eux, des étudiants recrutés en ligne et des populations déplacées. Donc je n’en fais pas un taux pour ma patientèle, ce serait malhonnête. Ce que j’en garde, c’est autre chose : quand je vois quelqu’un avec un état de stress post-traumatique, je pose maintenant les questions sur la régulation des émotions, l’image de soi et les relations. Avant je le faisais quand j’y pensais. Et je ne sais pas dire si c’est plus fréquent chez les femmes, cette étude ne permet pas de trancher. »
Traduction pour la pratique : le résultat exploitable n’est pas le nombre, c’est le déplacement de l’attention clinique. La question n’est plus seulement « y a-t-il un traumatisme et des reviviscences », mais « qu’en est-il de la régulation affective, de l’image de soi et du lien aux autres ».
En pratique
Ce que vous pouvez en faire
- Explorer systématiquement les trois dimensions de perturbation de l’organisation de soi chez un patient exposé à un traumatisme : dysrégulation affective, concept de soi négatif persistant, difficultés relationnelles durables. C’est l’implication la mieux soutenue de ce travail, et elle ne coûte que trois questions.
- Savoir que l’instrument oriente ce que l’on trouve. Le PCL-5 est construit sur les critères du DSM-5 et n’explore pas ces trois dimensions ; les instruments alignés sur la CIM-11 les couvrent. L’étude n’établit pas laquelle de ces stratégies améliore les résultats des patients, et ne se prononce pas sur l’existence d’une version française validée.
- Ce que l’on peut dire à un patient : qu’après certains traumatismes, en particulier interpersonnels et répétés, il est fréquent que les difficultés dépassent les cauchemars et les reviviscences, et touchent la façon de se voir et d’entrer en relation ; que ce n’est pas un trait de personnalité, et que c’est décrit dans la classification internationale.
- Ce que l’on ne peut pas dire : « environ un patient sur deux comme vous a un CPTSD ». Le 44,7 % des échantillons cliniques est une moyenne entre des contextes trop différents pour valoir pronostic individuel.
- Ne pas conclure sur le genre. Devant une patiente ou un patient, cette étude n’autorise ni à majorer, ni à minorer la suspicion en fonction du sexe : aucune différence n’a été observée, et cela ne suffit pas à conclure à l’égalité.
Questions fréquentes
Questions fréquentes
Près d’un patient sur deux en population clinique : puis-je transposer ce chiffre à ma patientèle ?
Non. La proportion de 44,7 % agrège des échantillons cliniques dont la définition varie d’une étude à l’autre, et dont les prévalences individuelles, dans le tableau détaillé, s’échelonnent de 0 à 93 %. Le chiffre indique que le phénomène est fréquent en contexte de soins, il ne donne pas de probabilité applicable à un patient ni à une file active.
Le CPTSD figure-t-il dans le DSM-5-TR ?
Non. Le CPTSD est une entité de la CIM-11. Le DSM-5-TR ne le retient pas comme diagnostic distinct. C’est la raison pour laquelle un praticien travaillant avec les outils issus du DSM peut ne jamais rencontrer la question.
Faut-il abandonner le PCL-5 au profit d’un instrument aligné sur la CIM-11 ?
L’étude ne compare pas ces deux stratégies de repérage et ne mesure pas leur effet sur la prise en charge. Elle établit seulement que les symptômes explorés par les instruments CIM-11 et non par le PCL-5 sont fréquents dans les populations exposées à un traumatisme. La décision d’ajouter un outil relève du jugement clinique, et la question d’une version française validée n’est pas traitée par ce travail.
L’absence de différence entre les genres signifie-t-elle que le CPTSD touche autant les hommes que les femmes ?
Non. Aucune différence n’a été observée, ce qui n’est pas la même chose qu’une différence mesurée comme nulle. Plusieurs études incluses ne rapportent pas la prévalence par genre, et la dispersion entre études est telle qu’une différence réelle mais modérée peut rester indétectable. Une absence de preuve de différence n’est pas une preuve d’absence de différence.
Des estimations aussi dispersées ne rendent-elles pas la méta-analyse inutile ?
Elles en changent l’usage. Une telle dispersion interdit de lire la prévalence poolée comme une estimation ponctuelle, mais elle n’annule pas l’information : le travail documente l’ampleur du corpus, la présence du phénomène sur tous les continents, et la hiérarchie des populations, des services d’urgence à 7,4 % aux échantillons cliniques à 44,7 %. C’est une cartographie, pas une mesure.
Bibliographie
Bibliographie commentée
Étude source. Huynh PA, Kindred R, Perrins K, de Boer K, Miles S, Bates G, Nedeljkovic M. Prevalence of Complex Post-Traumatic Stress Disorder (CPTSD): A Systematic Review and Meta-Analysis. Psychiatry Research, 2025 ; 351 : 116586. DOI 10.1016/j.psychres.2025.116586 · PMID 40570696
Ce qu’elle apporte : une agrégation large de la littérature sur la prévalence du CPTSD, avec une distinction utile entre échantillons exposés et potentiellement exposés, une hiérarchie des populations et des conclusions proportionnées aux données. Ses limites : une dispersion des estimations individuelles allant de 0 à 93 % qui prive les estimations poolées de valeur ponctuelle, des modes de recrutement non comparables, une asymétrie marquée des funnel plots, un corpus restreint aux revues à comité de lecture et pour l’essentiel anglophone, et des mesures reposant sur des questionnaires plutôt que sur des entretiens diagnostiques.
Classification internationale des maladies, onzième révision (CIM-11), Organisation mondiale de la santé.
Ce qu’elle apporte : la définition opératoire du CPTSD, avec ses trois dimensions de perturbation de l’organisation de soi, sur laquelle repose l’ensemble des mesures de cette méta-analyse. Ses limites : elle ne préjuge ni de son adoption effective dans un système de soins donné, ni de la disponibilité d’instruments validés dans une langue donnée. Rappel nosographique, hors du champ de l’étude.
Check-list du Joanna Briggs Institute pour les études de prévalence.
Ce qu’elle apporte : l’outil d’évaluation de qualité employé ici, adapté aux études de prévalence, là où les outils de risque de biais des essais ne s’appliquent pas. Ses limites : dans ce travail, elle décrit le corpus sans le filtrer, puisque aucune étude n’a été exclue à son issue.
Ce qui a été consulté. Références vérifiées le 12 août 2026 sur la version publiée (notice de l’éditeur, résumé et faits saillants) et sur son matériel supplémentaire de 87 pages. Le texte intégral de l’article n’a pas pu être consulté : les valeurs qui ne figurent ni dans le résumé publié ni dans le matériel supplémentaire ne sont pas reprises ici. DOI, volume, pagination, financement et déclaration de liens d’intérêts relevés sur la notice PubMed, dont le titre et la liste d’auteurs concordent exactement avec le document lu. Article soumis à une double lecture indépendante.
Collections éditoriales
Étiquettes
Cette analyse est destinée aux professionnels de santé. Elle ne remplace ni la lecture de la publication originale, ni le jugement clinique, ni une consultation médicale. Les données présentées ne constituent pas une recommandation de prescription.
