Publié le 13 août 2026, mis à jour le 21 septembre 2026
Psychose à début précoce : ce que trente méta-analyses disent du pronostic et du choix de l’antipsychotique
L’essentiel
Cette revue de revues rassemble trente méta-analyses portant sur la psychose de début précoce, définie par un début avant dix-huit ans. Les auteurs annoncent 373 études individuelles et 25 983 participants, un âge moyen de 15,1 ans et 38,3 % de filles. Ces deux totaux sont la somme arithmétique des effectifs des trente méta-analyses, sans dédoublonnage : un même essai pédiatrique y est compté plusieurs fois. La synthèse retient que 12,3 % des troubles psychotiques sont repérés avant dix-huit ans, que 60,1 % des sujets ont un mauvais pronostic, et que les déficits cognitifs sont plus marqués que chez les témoins et que chez les sujets à début adulte ou tardif. Sur le traitement, la clozapine est l’antipsychotique dont l’efficacité est la plus élevée sur les symptômes globaux, positifs et négatifs, avec une différence standardisée de 0,85, intervalle de confiance à 95 % de 0,75 à 0,95, face aux autres antipsychotiques dans les formes résistantes. L’olanzapine est la molécule associée à la plus forte prise de poids, différence standardisée de 1,2 contre placebo. Deux réserves commandent la lecture. Le travail ne recalcule aucun effet, il rapporte de façon narrative ce que d’autres ont calculé, et il dépend donc entièrement de la qualité des méta-analyses reprises, hétérogène. Cinq des quatorze auteurs déclarent des liens avec des fabricants d’antipsychotiques, ce qui impose une prudence particulière sur le chapitre de la tolérance comparée.
Le contexte
Un adolescent qui présente un premier épisode psychotique n’est pas un adulte plus jeune. Sa trajectoire scolaire est en cours, sa famille est partie prenante du soin, sa sensibilité métabolique aux antipsychotiques est supérieure, et la littérature qui le concerne est nettement plus mince que celle des adultes. En pratique, beaucoup de décisions sont prises par extrapolation depuis les données adultes, faute de mieux.
La question à laquelle ce travail répond est donc préalable à toute décision : de quoi dispose-t-on réellement pour cette population. La réponse est une cartographie, avec ses zones documentées et ses zones vides. Les auteurs présentent leur travail comme la première synthèse méta-analytique d’ensemble sur cette population, formulation qui figure telle quelle dans le résumé de la publication. C’est ce qui en fait un article de référence à conserver plutôt qu’une actualité à commenter.
L’étude en un coup d’œil
| Question, population, mesure | |
|---|---|
| Population | |
| Enfants et adolescents présentant une psychose de début précoce, avant dix-huit ans. Âge moyen 15,1 ans, 38,3 % de filles, psychoses affectives et non affectives confondues selon les méta-analyses reprises. | |
| Champ couvert | |
| Facteurs épidémiologiques et de risque, marqueurs biologiques dont la neuroimagerie, la biochimie et la neurophysiologie, cognition, pronostic, réponse aux interventions, effets indésirables et acceptabilité. | |
| Comparaisons | |
| Entre antipsychotiques, contre placebo ou condition contrôle, et contre sujets à début adulte ou tardif. | |
| Critères | |
| Pronostic, efficacité symptomatique globale, positive et négative, tolérance dont la prise de poids et la prolactinémie, performances cognitives. | |
| Design | |
| Revue de revues, trente méta-analyses, 373 études individuelles et 25 983 participants annoncés, ces deux totaux étant des sommes non dédoublonnées. Protocole enregistré de façon prospective sur PROSPERO sous le numéro CRD42022350868, conformité annoncée aux recommandations de rapport PRISMA, qualité des revues incluses évaluée par l’outil AMSTAR-2. Résultats rapportés de façon narrative, regroupés par domaines. |
Le contrôle de qualité
| Point contrôlé | Jugement |
|---|---|
| Protocole déposé avant analyse | Oui |
| ConstatEnregistrement prospectif sur PROSPERO, numéro CRD42022350868, recherche documentaire systématique dans plusieurs bases et registres, sélection, extraction et évaluation de la qualité conduites de façon indépendante. | |
| Évaluation de la qualité des revues | Conduite par AMSTAR-2 |
| ConstatLes auteurs cotent chaque méta-analyse sur les seize items de l’outil. Les scores individuels figurent dans les tableaux du matériel supplémentaire, mais aucun score global n’est donné dans le résumé de la publication. Recalculés à partir de ces tableaux, ils vont de 4 sur 16 à 16 sur 16, avec une moyenne de 11,4 et une médiane de 11,5. Neuf des trente revues sont à 9 sur 16 ou moins. La moyenne masque donc la présence de revues nettement faibles, dont deux qui fournissent des résultats fréquemment cités sur la tolérance. | |
| Nouveau calcul des effets | Absent |
| ConstatAucun regroupement statistique nouveau, aucun intervalle de confiance recalculé, les résultats sont rapportés de façon narrative. Les chiffres cités héritent des forces et des faiblesses de leurs sources. | |
| Liens d’intérêts des auteurs | Cinq auteurs sur quatorze |
| ConstatCinq auteurs déclarent des liens avec l’industrie, dont deux avec des listes très étendues de laboratoires, et neuf déclarent n’avoir aucun lien. Le chapitre le plus sensible à cette configuration est celui du classement de tolérance entre molécules. La liste détaillée figure dans la bibliographie commentée ci-dessous. | |
| Financement du travail | Aucun déclaré |
| ConstatLes auteurs déclarent n’avoir reçu aucun financement pour ce travail. En revanche, le financement des études primaires reprises par les méta-analyses n’est pas récapitulé dans la version consultée ni dans les tableaux du matériel supplémentaire : la chaîne des influences possibles en amont n’est donc pas lisible. | |
| Fenêtre documentaire | Date de clôture non précisée ici |
| ConstatLa date de dernière interrogation des bases ne figure pas dans la version consultée. L’enregistrement du protocole date de 2022 et la publication de 2024, ce qui borne la recherche, sans permettre de la dater précisément. Les travaux les plus récents ne sont pas couverts, ce qui est inhérent au format. | |
Les résultats
| Résultat | Valeur |
|---|---|
| Part des troubles psychotiques repérés avant dix-huit ans | 12,3 % |
| LectureChiffre issu d’une méta-analyse de 36 études sur l’âge de début des troubles mentaux, qui donne également 3 % avant quatorze ans. Il s’agit d’un âge de repérage, non d’un âge de survenue biologique. Population minoritaire mais non marginale, ce qui explique en partie la faiblesse du corpus qui lui est consacré. | |
| Pronostic fonctionnel à long terme | 60,1 % de mauvais pronostic |
| LectureLe domaine pronostique de cette revue de revues repose sur une seule méta-analyse, 21 études longitudinales et 422 sujets, cotée 8 sur 16 par AMSTAR-2, dont la durée de suivi va de 1,5 à 42 ans, moyenne 14,4 ans, écart type 11,4, avec des taux de perdus de vue allant de 0 à 59 %. Chiffre lourd, à manier avec précaution devant une famille : il agrège des cohortes anciennes et ne prédit pas la trajectoire d’un patient donné. | |
| Cognition, comparaison aux témoins | Différences standardisées de 0,58 à 1,3 selon le domaine |
| LectureValeurs issues d’une méta-analyse de 12 études, allant de la motricité, 0,58, à la vitesse de traitement, 1,3. Déficits larges et diffus, portant sur tous les domaines explorés. | |
| Cognition, comparaison au début adulte ou tardif | Différence rapportée, sans taille d’effet chiffrée |
| LectureLa méta-analyse concernée rapporte des déficits plus marqués en arithmétique, en quotient intellectuel, en vitesse psychomotrice et en mémoire verbale, mais uniquement sous forme de tests d’hétérogénéité, et des déficits comparables en mémoire visuelle et en attention. Aucune différence standardisée n’est fournie pour cette comparaison dans le matériel consulté. L’interprétation causale n’est pas possible, l’âge de début et la sévérité étant liés. | |
| Clozapine dans les formes résistantes | Différence standardisée de 0,85, intervalle de confiance de 0,75 à 0,95 |
| LectureValeur issue d’une méta-analyse de 15 essais, comparant la clozapine aux autres antipsychotiques chez des sujets résistants, sans hétérogénéité détectée. Deux autres méta-analyses vont dans le même sens avec des valeurs différentes : 1,6 contre placebo dans une méta-analyse en réseau de 28 essais, et 0,48, intervalle de confiance de 0,04 à 0,91, sur 3 essais contre olanzapine et halopéridol. La convergence porte sur le sens de l’effet, pas sur son ampleur exacte. | |
| Prise de poids sous antipsychotique | Olanzapine 1,2, clozapine 0,92, quétiapine 0,85 contre placebo |
| LectureDifférences standardisées issues de la méta-analyse en réseau la plus fournie. Seule l’olanzapine dépasse un écart type. Suivent la palipéridone à 0,73, la rispéridone à 0,61, l’asénapine à 0,43 et l’aripiprazole à 0,29 ; aucune prise de poids significative n’est retrouvée pour la molindone, la ziprasidone, la lurasidone, la fluphénazine ni l’halopéridol. En valeurs absolues, une autre méta-analyse retrouve 4,5 kg en moyenne sous antipsychotique de seconde génération contre 1,4 kg sous première génération. Ampleur majeure chez des sujets en croissance, c’est l’un des résultats les plus directement utilisables de ce travail. | |
| Profil pondéral de la lurasidone | Moins de prise de poids que cinq comparateurs |
| LectureDifférences moyennes de 3,62 kg face à l’olanzapine, 2,13 kg face à la quétiapine, 1,16 kg face à la rispéridone, 0,98 kg face à l’asénapine et 0,85 kg face à la palipéridone. Ce résultat provient d’une méta-analyse en réseau cotée 9 sur 16 par AMSTAR-2, dont deux auteurs sont affiliés au laboratoire qui commercialise la molécule. Il doit être lu avec cette réserve, et mis en regard d’un résultat issu d’une autre méta-analyse reprise, un risque d’akathisie multiplié par 5 face au placebo sous lurasidone. | |
| Interventions non pharmacologiques | Aucune donnée d’efficacité méta-analysée |
| LectureUne seule méta-analyse, 2 essais et 91 participants, portant sur la remédiation cognitive, et son unique résultat concerne les sorties d’étude, non l’efficacité. Il s’agit d’une absence d’analyse, non d’une absence d’effet. Les auteurs concluent d’ailleurs que des travaux méta-analytiques restent nécessaires sur ce point. | |
| Stress oxydatif et inflammation | Aucune différence retrouvée, sur 4 études |
| LectureRésultat négatif sur la catalase, le glutathion, la glutathion peroxydase, la superoxyde dismutase, le statut antioxydant total et les dommages oxydatifs cellulaires. Il repose sur 4 études et 261 sujets, avec une hétérogénéité élevée et des méta-régressions prévues mais non réalisées faute d’études. Cette absence de signal ne vaut pas démonstration d’absence d’anomalie. | |
Lecture critique
| Domaine | Jugement |
|---|---|
| Utilité de la synthèse | Élevée |
| ConstatLe format donne en une lecture l’état des connaissances sur une population peu documentée, et signale les domaines où rien n’est établi. | |
| Dépendance aux sources reprises | Totale |
| ConstatUne revue de revues n’améliore jamais la qualité des travaux qu’elle rassemble. Une erreur présente dans une méta-analyse incluse se retrouve ici sans correction possible, d’autant que les résultats sont repris de façon narrative. | |
| Chevauchement des études primaires | Sommes non dédoublonnées |
| ConstatLe total de 373 études et celui de 25 983 participants correspondent exactement à la somme des effectifs déclarés par chacune des trente méta-analyses dans les tableaux du matériel supplémentaire. Aucun retrait des doublons n’est effectué. Dix méta-analyses figurent en outre à la fois dans le tableau de l’efficacité et dans celui de la tolérance, et plusieurs reprennent le même petit nombre d’essais randomisés pédiatriques. La convergence apparente est donc surestimée, et le degré exact de recouvrement n’est pas quantifié par les auteurs. | |
| Liens d’intérêts | À signaler |
| ConstatIls ne disqualifient pas le travail, ils orientent la vigilance vers les passages où une molécule est comparativement avantagée. Le point le plus exposé est le profil pondéral de la lurasidone, dont la source principale émane en partie du laboratoire concerné. | |
| Portée du chiffre pronostique | Descriptive |
| ConstatIl repose sur une seule méta-analyse, de qualité méthodologique basse, décrivant des cohortes suivies en moyenne plus d’une décennie, dans des conditions de soins qui ne sont plus celles d’aujourd’hui. Il ne fonde aucun pronostic individuel. | |
| Cohérence interne sur la tolérance | Partielle |
| ConstatLe résumé conclut que le risque d’arrêt du traitement, pour toute cause ou pour effets indésirables, est faible ou équivalent au placebo. Une des méta-analyses reprises rapporte pourtant, pour les arrêts liés aux effets indésirables, un risque relatif de 12,8 pour la clozapine et de 5,1 pour l’halopéridol. La formulation générale du résumé lisse cette dispersion. | |
Niveau de preuve
Revue de revues sans nouveau regroupement statistique, portant sur des méta-analyses d’essais randomisés et d’études observationnelles. Les échelles classiques de niveau de preuve ne prévoient pas de rang propre à ce format : lui attribuer un rang relève d’un jugement éditorial, non d’une donnée de la source. Ce qui est démontré ici est la description du champ et le repérage de ses lacunes. Ce qui est suggéré est la hiérarchie d’efficacité entre molécules, cohérente d’une source à l’autre dans son sens mais variable dans son ampleur. Ce qui relève de l’opinion d’expert est l’application du chiffre pronostique à un patient vu aujourd’hui, que rien dans ce travail ne permet d’étayer.
Le test du confrère
Ce que dirait un confrère expérimenté à qui l’on présente cette étude en deux minutes, entre deux consultations.
« Ce que j’en retiens, c’est que la clozapine sort en tête chez ces jeunes quand deux molécules ont échoué, et qu’on sous-estime ce que l’olanzapine leur fait prendre. Le chiffre de pronostic, je ne le sors pas devant des parents. »
Le premier point reprend la conclusion des auteurs, qui recommandent d’envisager la clozapine chez les sujets résistants à deux antipsychotiques non clozapine. L’idée d’un retard habituel à l’instauration relève en revanche de l’opinion d’expert : ce travail ne mesure aucun délai de prescription. Traduction pour la pratique : intégrer le risque métabolique dès le choix du premier antipsychotique, et se servir du pronostic global pour calibrer l’intensité du suivi, non pour annoncer un avenir.
Statut français des molécules citées
Une molécule bien classée dans une synthèse internationale n’est pas nécessairement une option disponible en France, et l’âge d’autorisation diffère souvent de l’âge des populations étudiées. Trois vérifications, effectuées le 13 août 2026, méritent d’être signalées. L’aripiprazole dispose d’une autorisation de mise sur le marché dans la schizophrénie chez l’adolescent à partir de quinze ans, son résumé des caractéristiques du produit précisant que l’usage avant quinze ans n’est pas recommandé faute de données suffisantes. L’asénapine ne dispose en Europe que d’une autorisation dans les épisodes maniaques modérés à sévères du trouble bipolaire de type I chez l’adulte, donc ni dans la schizophrénie, ni chez l’adolescent. La molindone, qui ressort favorablement sur le poids dans deux des méta-analyses reprises, n’est pas une option accessible : sa production a été arrêtée en 2010 par son unique distributeur américain et elle ne dispose d’aucune autorisation européenne.
La lurasidone dispose d’une autorisation de mise sur le marché européenne depuis le 21 mars 2014, dont le périmètre a été étendu à l’adolescent à partir de treize ans. La commission de la transparence de la Haute Autorité de santé avait rendu un avis le 19 novembre 2014 chez l’adulte, avec un service médical rendu important mais sans amélioration par rapport aux alternatives disponibles. Sa disponibilité effective et ses conditions de remboursement en France doivent être vérifiées au moment de la prescription.
Pour la clozapine, les conditions françaises ont changé récemment. Depuis le 1er avril 2025, la prescription initiale n’est plus réservée à l’hôpital : elle peut être faite en ville par un spécialiste en psychiatrie, en neurologie ou en gériatrie. Le 8 septembre 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament a diffusé de nouvelles modalités de surveillance hématologique, centrées sur les polynucléaires neutrophiles, la numération des leucocytes n’étant plus exigée. Le rythme retenu est hebdomadaire de la première à la dix-huitième semaine, mensuel de la dix-neuvième à la cinquante-deuxième semaine, toutes les douze semaines la deuxième année, puis annuel au-delà de deux ans en l’absence d’antécédent de neutropénie. L’instauration suppose un taux de polynucléaires neutrophiles supérieur ou égal à 1 500 par millimètre cube, avec un seuil abaissé à 1 000 en cas de neutropénie ethnique bénigne confirmée, et un arrêt du traitement en deçà de 500. L’indication et les limites d’âge propres à chaque spécialité doivent être vérifiées dans le résumé des caractéristiques du produit avant toute prescription chez un mineur.
Ce que vous pouvez en faire
- Après deux antipsychotiques non clozapine bien conduits et sans réponse suffisante, poser la question de la clozapine plutôt que d’enchaîner une troisième molécule : c’est la recommandation explicite des auteurs.
- Mettre en place dès l’instauration une surveillance du poids, de la glycémie et du bilan lipidique, avec une courbe de croissance : chez un adolescent, la prise de poids ne se rattrape pas.
- Intégrer le risque pondéral dès le choix du premier antipsychotique, l’olanzapine étant la molécule la plus lourdement associée à ce risque dans ces synthèses.
- Vérifier, pour chaque molécule envisagée, l’indication, l’âge d’autorisation et les modalités de surveillance en vigueur en France, y compris le calendrier de suivi des polynucléaires neutrophiles sous clozapine, révisé en septembre 2025.
- Devant une famille, dire ce que l’on sait et ce que l’on ignore : la variabilité individuelle est grande, et les données de pronostic proviennent de cohortes anciennes.
- Prévoir un volet cognitif dans le suivi, la scolarité étant l’enjeu fonctionnel majeur à cet âge, en sachant qu’aucune donnée méta-analysée d’efficacité n’existe à ce jour sur les interventions non médicamenteuses dans cette population.
- La surveillance pratique est outillée par le simulateur de suivi de la clozapine.
Questions fréquentes
Le chiffre de 60,1 % de mauvais pronostic vaut-il pour un adolescent vu aujourd’hui ?
Non, pas directement. Il provient d’une seule méta-analyse de cohortes suivies en moyenne 14,4 ans, dans des conditions de soins antérieures, et la définition du mauvais pronostic ne figure pas dans la version consultée. Il indique un enjeu, pas une probabilité individuelle.
Faut-il proposer la clozapine plus tôt qu’en pratique adulte ?
Les auteurs recommandent de l’envisager après résistance à deux antipsychotiques non clozapine, sans se prononcer sur un calendrier propre à l’adolescent. Le signal d’efficacité est le plus marqué de la synthèse, mais une des méta-analyses reprises situe aussi la clozapine au premier rang des arrêts pour effets indésirables. La décision reste encadrée par les conditions françaises de prescription et de surveillance.
Peut-on se fier au classement de tolérance entre molécules ?
Avec réserve. Le travail ne recalcule aucun effet, les rangs proviennent de méta-analyses de qualité inégale, allant de 4 à 16 sur 16, et cinq des quatorze auteurs déclarent des liens avec des fabricants. Les ordres de grandeur sont utiles, le classement fin l’est moins.
Les déficits cognitifs plus marqués signifient-ils que la psychose précoce abîme davantage le cerveau ?
Ce n’est pas démontrable ici. Un début précoce est associé à des formes plus sévères, et l’association observée ne permet pas de séparer les deux. La comparaison au début adulte ou tardif est d’ailleurs rapportée sans taille d’effet chiffrée.
Que faire des molécules citées mais non disponibles en France ?
Vérifier leur statut avant toute reprise. La molindone n’est plus produite, l’asénapine n’a pas d’autorisation européenne dans la schizophrénie ni chez l’adolescent, et la disponibilité de la lurasidone en France est à contrôler. Une molécule bien classée dans une synthèse internationale peut ne pas être une option accessible ici.
L’absence de résultat sur l’inflammation signifie-t-elle qu’il n’y a rien à chercher de ce côté ?
Non. Le résultat négatif repose sur 4 études et 261 sujets, avec une hétérogénéité élevée et des analyses complémentaires prévues puis abandonnées faute de données. C’est une puissance insuffisante, pas une réfutation.
Bibliographie commentée
Étude source. Salazar de Pablo G, Rodriguez V, Besana F, Civardi SC, Arienti V, Maraña Garceo L, Andrés-Camazón P, Catalan A, Rogdaki M, Abbott C, Kyriakopoulos M, Fusar-Poli P, Correll CU, Arango C. Umbrella Review: Atlas of the Meta-Analytical Evidence of Early-Onset Psychosis. Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, 2024, volume 63, numéro 7, pages 684 à 697. DOI 10.1016/j.jaac.2023.10.016. PMID 38280414. Publication en accès ouvert sous licence Creative Commons.
Enregistrement du protocole. Enregistrement prospectif sur PROSPERO, numéro CRD42022350868, sous l’intitulé Early Onset Psychosis: Umbrella Review on Diagnosis, Prognosis and Treatment factors.
Financement. Les auteurs déclarent n’avoir reçu aucun financement pour ce travail. Deux auteurs mentionnent par ailleurs des soutiens institutionnels personnels : l’Instituto de Salud Carlos III et le ministère espagnol de l’Économie et de la Compétitivité pour l’un, le plan national italien de relance et de résilience ainsi que le projet MNESYS pour un autre.
Liens d’intérêts déclarés. Cinq des quatorze auteurs déclarent des liens. Salazar de Pablo : honoraires personnels de Janssen Cilag et Menarini. Catalan : honoraires personnels de Janssen, soutien de l’Instituto de Salud Carlos III et du ministère espagnol de l’Économie et de la Compétitivité. Fusar-Poli : financements de recherche ou honoraires personnels de Lundbeck, Angelini, Menarini et Boehringer Ingelheim, soutien du programme NextGenerationEU et du ministère italien de l’Université et de la Recherche. Correll : consultant, conseiller ou bénéficiaire d’honoraires d’AbbVie, Acadia, Alkermes, Allergan, Angelini, Aristo, Boehringer Ingelheim, Cardio Diagnostics, Cerevel, CNX Therapeutics, Compass Pathways, Darnitsa, Gedeon Richter, Hikma, Holmusk, IntraCellular Therapies, Janssen et Johnson & Johnson, Karuna, LB Pharma, Lundbeck, MedAvante-ProPhase, MedInCell, Merck, Mindpax, Mitsubishi Tanabe Pharma, Mylan, Neurocrine, Newron, Noven, Otsuka, Pharmabrain, PPD Biotech, Recordati, Relmada, Reviva, Rovi, Seqirus, SK Life Science, Sunovion, Sun Pharma, Supernus, Takeda, Teva et Viatris ; témoignage d’expert pour Janssen et Otsuka ; participation à des comités de surveillance pour Lundbeck, Relmada, Reviva, Rovi, Supernus et Teva ; subventions de Janssen et Takeda ; droits d’auteur d’UpToDate ; détention de stock-options de Cardio Diagnostics, Mindpax, LB Pharma et Quantic. Arango : soutiens publics espagnols et européens, consultant ou bénéficiaire d’honoraires ou de subventions d’Acadia, Angelini, Boehringer, Gedeon Richter, Janssen Cilag, Lundbeck, Minerva, Otsuka, Pfizer, Roche, Sage, Servier, Shire, Schering Plough, Sumitomo Dainippon Pharma, Sunovion et Takeda. Les neuf autres auteurs, Rodriguez, Besana, Civardi, Arienti, Maraña Garceo, Andrés-Camazón, Rogdaki, Abbott et Kyriakopoulos, déclarent n’avoir aucun intérêt financier biomédical ni conflit d’intérêts potentiel.
Sources réglementaires françaises et européennes citées. Résumé des caractéristiques du produit de l’aripiprazole par voie orale, indication dans la schizophrénie à partir de quinze ans. Registre de l’Agence européenne des médicaments, fiches de la lurasidone, autorisation du 21 mars 2014, et de l’asénapine, indication limitée aux épisodes maniaques du trouble bipolaire de type I chez l’adulte. Avis de la commission de la transparence de la Haute Autorité de santé sur la lurasidone, 19 novembre 2014. Communication de l’Ordre national des pharmaciens sur l’ouverture de la prescription initiale de clozapine en ville au 1er avril 2025. Information de sécurité de l’Agence nationale de sécurité du médicament sur la surveillance des polynucléaires neutrophiles sous clozapine, 8 septembre 2025. Notice de discontinuation de la molindone aux États-Unis, 2010. Ensemble de ces sources consulté le 13 août 2026.
Ce qui a été consulté. Vérification effectuée sur la version publiée de l’article, page éditeur donnant le titre, la liste complète des auteurs, la référence bibliographique, le résumé structuré, le résumé en langage courant, les contributions, l’enregistrement du protocole, la déclaration de financement et les déclarations de liens d’intérêts. Le matériel supplémentaire fourni par les auteurs a été consulté dans son intégralité : il comprend la grille de conformité PRISMA 2020, six tableaux de caractéristiques et de résultats couvrant l’épidémiologie, les marqueurs biologiques, la cognition, le pronostic, la réponse aux interventions et les effets indésirables, la liste des seize questions de l’outil AMSTAR-2, les scores de qualité méta-analyse par méta-analyse et les références des trente méta-analyses incluses. Les totaux de 373 études et de 25 983 participants ont été recalculés à partir de ces tableaux, ainsi que la moyenne et la médiane des scores AMSTAR-2. Le texte intégral de la publication, ses figures et sa section méthodes détaillée n’ont pas été consultés : la date de clôture de la recherche documentaire, la définition retenue du mauvais pronostic et le financement des études primaires ne peuvent donc pas être rapportés ici. Les points réglementaires français et européens ont été vérifiés auprès des sources citées dans la bibliographie commentée le 13 août 2026. Article soumis à une double lecture indépendante.
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