Trouble anxieux généralisé et trouble panique de l’adulte selon NICE : l’arbre décisionnel du traitement, palier par palier
Ce que recommande le référentiel britannique devant un trouble anxieux généralisé ou un trouble panique de l’adulte. Un même document, deux parcours par paliers : choisissez le parcours ci-dessous, la chronologie monte le long du tronc, les choix partent en branches, la canopée porte ce qui vaut à toutes les étapes. Survolez un nœud : le passage exact s’écrit à droite, l’arbre reste entier.
Destinataire. Professionnels de santé. Cet outil ne remplace ni l’évaluation clinique, ni les recommandations en vigueur, ni le résumé des caractéristiques du produit. Il ne contient aucune posologie.
Lisez ceci avant l’arbre. Vous allez voir deux choses différentes.
La force de la recommandation répond à la question : faut-il le faire, et avec quelle netteté. C’est ce que colore l’arbre par défaut. Elle se lit dans le texte de la recommandation.
La certitude de la preuve répond à une tout autre question : à quel point sait-on ce que produit ce geste. Elle se lit dans les études, pas dans la recommandation.
Sur ce référentiel, la seconde vue est presque entièrement grise, et c’est le message. CG113 ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré.
Le même document porte deux parcours. Basculez pour comparer.
Cet arbre se lit du bas vers le haut. L’entrée du parcours est tout en bas, les issues et la conduite à tenir sont en haut, et les numéros d’étape montent avec vous.
La couleur, le verbe employé
- Recommandé. Le texte dit « proposez ».
- À considérer. Le texte dit « envisagez ».
- Déconseillé quand l’interdit est franc, pas en routine quand le texte assortit son refus d’une exception.
- Situation. Un moment du parcours, pas une recommandation.
La forme, la nature du geste
- Molécule ou forme galénique.
- Intervention psychologique ou autosoins.
- Bilan ou évaluation.
- Délai ou surveillance dans le temps.
- Losange. Situation clinique ou bifurcation.
Dans l’arbre, l’icône prend la couleur de son nœud. La nature du geste ne commande jamais la couleur.
Le trait, ce que la source ne dit pas
- Pointillés. Étape déduite, qu’aucune recommandation ne formule. Nous la traçons ainsi plutôt que de faire semblant.
- Tronc ambre. La chronologie, de l’entrée du parcours vers le haut.
- Ramilles. Elles montent vers la canopée, qui ne dépend d’aucune étape.
Entrée du parcours
Votre parcours
- Cliquez sur une carte de l’arbre : le chemin qui y mène depuis l’entrée s’inscrit ici.
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L’arbre en toutes lettres
Ce qui suit n’est pas une reprise du dessin, c’est sa source. Chaque nœud est écrit une seule fois, ici, avec ses coordonnées, son parent, sa couleur et son badge portés en attributs. Le script lit ce texte pour tracer l’arbre ; il ne le fabrique pas. Il n’existe donc aucun second exemplaire susceptible de diverger.
Anxiété généralisée
Réassurance répétée, plaintes somatiques, inquiétude qui ne se contrôle pas
Entrée du parcours. La recommandation ne décrit pas un patient qui se plaint d’anxiété, elle décrit celui qui consulte pour autre chose.
Entrée du parcours.
Ensuite : étape 2, Palier 1 · Éducation sur le trouble, et surveillance active.
Ce que dit la recommandation
« Examinez avec la personne si certains de ses symptômes pourraient être dus à un trouble anxieux généralisé. »CG113 1.2.5 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucun seuil, aucune durée, aucun nombre de consultations à partir duquel la question devrait se poser. Le déclenchement repose entièrement sur l’attention du clinicien.
En France
Le seul document français en vigueur sur ce sujet est l’APALD ALD 23 « Troubles anxieux graves », actualisation de janvier 2025, adoptée le 23 janvier 2025 et mise en ligne le 31. Vérifiée en vigueur au 28 août 2026 sur la page de la HAS, qui ne référence aucun autre document pour cette ALD. Il déclare lui-même ne pas être une recommandation de bonne pratique et ne pas constituer une aide à la décision. Son périmètre couvre six troubles, dont l’anxiété généralisée et le trouble panique, défini par référence à la CIM 10 et au DSM IV. Reste non établi : le statut de la recommandation de l’ANAES de 2001 sur le trouble anxieux généralisé de l’adulte, que PEB n’a pas pu vérifier, le moteur de recherche de la HAS étant inaccessible. Tant que ce point n’est pas tranché, PEB n’écrit pas qu’aucune recommandation française n’existe.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
La méta-analyse de 165 études publiée dans le corpus PEB porte sur la mortalité et le suicide dans les troubles anxieux, pas sur le repérage. Elle éclaire l’enjeu de l’étape, pas sa performance. La recommandation, elle, ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de son texte.
Pour aller voir vous-même
Palier 1 · Éducation sur le trouble, et surveillance active
Le palier le plus souvent sauté en pratique.
Vient après l’étape 1, Réassurance répétée, plaintes somatiques, inquiétude qui ne se contrôle pas.
Ensuite : étape 3, Les symptômes se sont-ils améliorés ?
Ce que dit la recommandation
« Après l’évaluation et le diagnostic : donnez une information sur la nature du trouble anxieux généralisé et sur les options de traitement. »CG113 1.2.10 [2011]
De quoi s’agit-il
Surveillance active. Le texte demande de suivre les symptômes et le fonctionnement de la personne, sans dire à quel rythme, ni avec quel outil, ni pendant combien de temps. C’est la seule chose que la source appelle ainsi.Ce qu’elle ne dit pas
La durée de ce palier n’est jamais fixée. Combien de temps surveille-t-on avant de conclure que l’éducation n’a pas suffi, le texte ne le dit nulle part.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Les symptômes se sont-ils améliorés ?
Étape déduite. La recommandation ne pose jamais cette question, elle la présuppose.
Vient après l’étape 2, Palier 1 · Éducation sur le trouble, et surveillance active.
Ensuite : étape 4, Palier 2 · Autosoins non facilités, autosoins guidés, ou groupe psychoéducatif.
Ce que dit la recommandation
« Chez les personnes dont les symptômes ne se sont pas améliorés après l’éducation et la surveillance active du palier 1. »CG113 1.2.12 [2011], subordonnée d’ouverture
Ce qu’elle ne dit pas
Aucun critère d’amélioration. Aucune échelle n’est nommée pour la mesurer, alors que le GAD-2 est nommé pour repérer. On sait donc dépister, pas suivre.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 2 · Autosoins non facilités, autosoins guidés, ou groupe psychoéducatif
Trois options de même rang, et c’est la préférence qui tranche.
Vient après l’étape 3, Les symptômes se sont-ils améliorés ?
Ensuite : étape 5, Réponse insuffisante au palier 2, ou retentissement fonctionnel marqué.
Ce que dit la recommandation
« Proposez une ou plusieurs des interventions suivantes en première intention, guidé par la préférence de la personne. »CG113 1.2.12 [2011]
De quoi s’agit-il
Ce que recouvrent les trois options. L’autosoin non facilité est un support écrit ou électronique fondé sur les principes de la TCC, parcouru seul et systématiquement sur au moins six semaines, avec un contact thérapeutique minimal, par exemple un appel occasionnel de cinq minutes au plus. L’autosoin guidé repose sur le même matériel, mais accompagné par un praticien formé qui suit la progression, en général cinq à sept séances hebdomadaires ou bimensuelles de vingt à trente minutes, en face à face ou par téléphone. Le groupe psychoéducatif est interactif, fondé sur les principes de la TCC, animé par des praticiens formés, un thérapeute pour environ douze participants, en général six séances hebdomadaires de deux heures.Ce qu’elle ne dit pas
Rien ne hiérarchise les trois options entre elles. Aucune durée n’est fixée, aucun critère ne dit quand l’une a échoué.
En France
La liste française des actes pris en charge ne nomme aucune psychothérapie. L’actualisation de janvier 2025 a retiré la psychothérapie et le psychologue de la liste, et le comptage par script ne trouve aucune occurrence de « TCC » ni de « thérapie cognitive » dans le document. La HAS en donne la raison de forme : une APALD ne liste que les actes remboursés à l’acte par l’assurance maladie. Le fait n’en reste pas moins que l’intervention de première intention du référentiel britannique n’a pas d’existence dans le document français.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Réponse insuffisante au palier 2, ou retentissement fonctionnel marqué
Le nœud le plus important de l’arbre, et celui que la source laisse le plus ouvert.
Vient après l’étape 4, Palier 2 · Autosoins non facilités, autosoins guidés, ou groupe psychoéducatif.
Ensuite : étape 6, Palier 3 · TCC, ou relaxation appliquée ; étape 6 bis, Palier 3 · ISRS, la sertraline en premier.
Ce que dit la recommandation
« Fondez le choix du traitement sur la préférence de la personne, car rien ne démontre qu’un des deux modes soit meilleur que l’autre. »CG113 1.2.17 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
« Retentissement fonctionnel marqué » n’est défini nulle part dans le document. C’est pourtant le critère qui fait passer directement du palier 1 au palier 3.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
La recommandation écrit elle-même qu’aucune preuve n’établit la supériorité d’un mode de traitement sur l’autre. C’est le seul endroit du parcours où le texte qualifie explicitement l’état de la preuve, et il le fait pour dire qu’elle manque.
Pour aller voir vous-même
Palier 3 · TCC, ou relaxation appliquée
Les deux sont proposées au même rang.
Vient après l’étape 5, Réponse insuffisante au palier 2, ou retentissement fonctionnel marqué.
Ce que dit la recommandation
« Si la personne choisit une intervention psychologique de haute intensité, proposez soit une TCC, soit une relaxation appliquée. »CG113 1.2.18 [2011]
De quoi s’agit-il
Ce que recouvrent les deux options. Les deux ont exactement le même format dans le texte : douze à quinze séances hebdomadaires d’une heure, moins si la personne va mieux plus tôt, plus si l’état clinique l’exige, conduites par des praticiens formés et fondées sur les manuels utilisés dans les essais. La relaxation appliquée est un apprentissage de la détente musculaire progressive, à déclencher dans les situations anxiogènes de la vie courante. Elle est peu diffusée en France.Ce qu’elle ne dit pas
Aucun élément clinique ne guide le choix entre les deux. La relaxation appliquée, peu diffusée en France, n’est décrite que par renvoi à un manuel.
En France
La liste française des actes pris en charge ne nomme aucune psychothérapie. L’actualisation de janvier 2025 a retiré la psychothérapie et le psychologue de la liste, et le comptage par script ne trouve aucune occurrence de « TCC » ni de « thérapie cognitive » dans le document. La HAS en donne la raison de forme : une APALD ne liste que les actes remboursés à l’acte par l’assurance maladie. Le fait n’en reste pas moins que l’intervention de première intention du référentiel britannique n’a pas d’existence dans le document français.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 3 · ISRS, la sertraline en premier
Une première ligne choisie sur un argument économique, et hors autorisation de mise sur le marché.
Vient après l’étape 5, Réponse insuffisante au palier 2, ou retentissement fonctionnel marqué.
Ensuite : étape 7, Surveiller, et poursuivre au moins un an si le traitement agit ; étape 7 bis, Intolérance aux ISRS et aux IRSN : envisager la prégabaline ; étape 7 ter, Pas de benzodiazépine, sauf mesure de courte durée pendant une crise ; étape 7 quater, Pas d’antipsychotique en soins primaires.
Ce que dit la recommandation
« Envisagez de proposer la sertraline en premier parce que c’est le médicament le plus coût-efficace. »CG113 1.2.23 [2011, amendé 2020]
De quoi s’agit-il
Les molécules que le texte nomme. La sertraline en premier. Si elle est inefficace, un autre ISRS ou un IRSN, en tenant compte du syndrome de sevrage, plus marqué avec la paroxétine et la venlafaxine, du profil d’effets indésirables, des interactions, du risque suicidaire et de la toxicité en cas de surdose, plus grande avec la venlafaxine. Aucune autre molécule n’est nommée pour cette étape.Ce qu’elle ne dit pas
Le texte ajoute lui-même qu’à la date de publication, en janvier 2011, la sertraline n’avait pas d’autorisation britannique dans cette indication, et signale un usage hors AMM pour certains ISRS. Aucune posologie, aucune durée de titration. Les autorisations françaises ne se déduisent pas du texte britannique et ne sont pas établies dans cet arbre.
En France
Le document français nomme six inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ainsi que la venlafaxine, la duloxétine et la clomipramine, parmi vingt-trois molécules au total. Il ne dit rien des indications, des lignes de traitement, ni de l’ordre dans lequel les essayer : ce n’est pas son objet. Les autorisations de mise sur le marché françaises ne se déduisent ni de ce document ni du texte britannique, et PEB ne les a pas vérifiées molécule par molécule.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Surveiller, et poursuivre au moins un an si le traitement agit
Vient après l’étape 6 bis, Palier 3 · ISRS, la sertraline en premier.
Ensuite : étape 8, Échec ou réponse partielle au palier 3, et quand adresser au palier 4.
Ce que dit la recommandation
« Toutes les 2 à 4 semaines pendant les 3 premiers mois de traitement, puis tous les 3 mois. »CG113 1.2.32 [2011]
« Conseillez de le poursuivre au moins un an, car la probabilité de rechute est élevée. »CG113 1.2.33 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
Rien n’est dit de l’arrêt : ni comment, ni sur quelle durée, ni à quoi surveiller. La seule durée fixée est un plancher.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Intolérance aux ISRS et aux IRSN : envisager la prégabaline
Troisième ligne, et molécule sous contrôle au Royaume-Uni depuis 2019.
Vient après l’étape 6 bis, Palier 3 · ISRS, la sertraline en premier.
Ce que dit la recommandation
« Si la personne ne tolère ni les ISRS ni les IRSN, envisagez de proposer la prégabaline. »CG113 1.2.25 [2011, amendé 2022]
De quoi s’agit-il
La prégabaline est un antiépileptique également autorisé dans l’anxiété généralisée. Au Royaume-Uni, elle est classée substance contrôlée depuis avril 2019, ce que le texte rappelle en demandant d’évaluer un antécédent d’abus avant de prescrire.Ce qu’elle ne dit pas
Le texte renvoie aux alertes de l’agence britannique sur le mésusage et sur la grossesse, sans dire comment évaluer un antécédent d’abus avant de prescrire.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Pas de benzodiazépine, sauf mesure de courte durée pendant une crise
Interdit assorti d’une exception nommée. Le trouble panique, dans le même document, n’a pas cette exception.
Vient après l’étape 6 bis, Palier 3 · ISRS, la sertraline en premier.
Ce que dit la recommandation
« Ne proposez pas de benzodiazépine pour traiter un trouble anxieux généralisé, en soins primaires comme en soins secondaires, sauf comme mesure de courte durée pendant les crises. »CG113 1.2.26 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
Ni la durée de cette mesure de court terme, ni ce qu’est une crise, ne sont définis. Le texte renvoie au formulaire national britannique.
En France
C’est ici que l’écart est le plus net. Le document français nomme dix benzodiazépines parmi les molécules prises en charge au titre de l’ALD 23 pour les troubles anxieux graves, quand le référentiel britannique les écarte dans les deux parcours. Encore une fois, une liste de remboursement n’est pas une recommandation de prescrire, et la HAS l’écrit. Mais le praticien français qui cherche ce que le système prend en charge trouve dix benzodiazépines et aucune psychothérapie.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Pas d’antipsychotique en soins primaires
Interdit franc, mais limité à un lieu de soins.
Vient après l’étape 6 bis, Palier 3 · ISRS, la sertraline en premier.
Ce que dit la recommandation
« Ne proposez pas d’antipsychotique pour traiter un trouble anxieux généralisé en soins primaires. »CG113 1.2.27 [2011, amendé 2018]
Ce qu’elle ne dit pas
Rien n’est dit des soins secondaires, où l’interdit ne porte donc pas. Le texte ne dit pas non plus ce qui justifierait un antipsychotique ailleurs.
En France
Le document français nomme deux antipsychotiques, la cyamémazine et le sulpiride, parmi les molécules prises en charge.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Échec ou réponse partielle au palier 3, et quand adresser au palier 4
Trois situations distinctes, et trois conduites différentes.
Vient après l’étape 7, Surveiller, et poursuivre au moins un an si le traitement agit.
Ensuite : étape 9, Palier 4 · Évaluation spécialisée des besoins et des risques.
Ce que dit la recommandation
« Si le trouble n’a pas répondu au traitement médicamenteux, proposez soit une intervention psychologique de haute intensité, soit un autre médicament. »CG113 1.2.35 [2011]
« Envisagez d’adresser au palier 4 si la personne présente une anxiété sévère avec un retentissement fonctionnel marqué, associée à : »CG113 1.2.37 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
PEB résume les deux autres cas : échec de la psychothérapie, on passe au médicament ; réponse partielle au médicament, on envisage d’ajouter la psychothérapie. Aucune définition de la réponse partielle n’est donnée. PEB résume les quatre critères associés : risque suicidaire ou d’automutilation, comorbidité significative, incurie, ou réponse insuffisante au palier 3. La sévérité, elle, reste sans définition.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Pour aller voir vous-même
Palier 4 · Évaluation spécialisée des besoins et des risques
Vient après l’étape 8, Échec ou réponse partielle au palier 3, et quand adresser au palier 4.
Ensuite : étape 10, Associations, en sachant que la preuve manque.
Ce que dit la recommandation
« Proposez à la personne une évaluation spécialisée de ses besoins et de ses risques. »CG113 1.2.38 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucun outil, aucune grille, aucun délai d’accès. Le palier 4 désigne d’ordinaire les équipes de secteur, ce que le texte précise entre parenthèses sans en faire une recommandation.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Associations, en sachant que la preuve manque
Une recommandation qui dit elle-même sur quoi elle ne repose pas.
Vient après l’étape 9, Palier 4 · Évaluation spécialisée des besoins et des risques.
Ce que dit la recommandation
« La preuve de l’efficacité des traitements combinés fait défaut. »CG113 1.2.41 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucune association n’est nommée, aucun ordre n’est proposé, et le texte ajoute que les effets indésirables et les interactions sont plus probables quand on associe ou qu’on potentialise des antidépresseurs.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
La recommandation écrit que la preuve d’efficacité des traitements combinés fait défaut, et propose malgré tout de les envisager. Force de la recommandation et certitude de la preuve divergent ici ouvertement, ce qui est rare et honnête.
Ce qui vaut à toutes les étapes
Recommandations qui ne dépendent pas de la position dans le parcours. Les entrées de la canopée sont des résumés de la recommandation, pas des citations mot pour mot.
GAD-2
Repérer avec le GAD-2
Résumé PEB
Interroger la personne sur son anxiété et sur sa capacité à arrêter ou contrôler ses inquiétudes, en s’aidant de l’échelle en deux items. Le texte dit d’y penser en particulier devant un antécédent de trouble anxieux, des symptômes somatiques, ou après un événement traumatique récent.
Où c’est écrit
CG113 1.2.2 [2011]
De quoi s’agit-il
Le GAD-2, c’est ces deux questions. Au cours des deux dernières semaines, à quelle fréquence avez-vous été gêné par les problèmes suivants : « vous sentir nerveux, anxieux ou tendu », puis « ne pas pouvoir arrêter de vous inquiéter ou contrôler vos inquiétudes ». Chaque item se cote de 0 à 3, jamais, plusieurs jours, plus de la moitié des jours, presque tous les jours. Le score va donc de 0 à 6. Ce sont les deux premiers items du GAD-7.Échelle développée par Robert L. Spitzer, Kurt Kroenke, Janet B. W. Williams et Bernd Löwe. La mention portée sur le questionnaire est : « Copyright Pfizer Inc. No permission required to reproduce, translate, display, or distribute. »
Ce qu’elle ne dit pas
NICE dit d’envisager de s’aider du GAD-2, et ne donne aucun seuil. Rien dans la recommandation ne dit à partir de quel score il faut pousser l’évaluation. Le GAD-7, lui, n’apparaît pas une seule fois dans tout le document.
Pour aller voir vous-même
Déficience et troubles cognitifs
Déficience intellectuelle ou trouble cognitif
Résumé PEB
Forme légère : les mêmes interventions que pour tout le monde, en adaptant si besoin le mode de délivrance ou la durée. Forme modérée à sévère : envisager l’avis d’un spécialiste avant d’évaluer ou de proposer une intervention.
Où c’est écrit
CG113 1.1.1, 1.1.2 [2011]
Automédication
Parler de l’automédication
Résumé PEB
Aborder les produits pris sans ordonnance, expliquer les interactions possibles avec les autres traitements, et dire que rien ne démontre qu’on puisse les utiliser sans risque.
Où c’est écrit
CG113 1.2.11 [2011]
Moins de 30 ans
Moins de 30 ans sous ISRS ou IRSN
Résumé PEB
Prévenir la personne du risque accru d’idées suicidaires et d’automutilation chez une minorité de moins de 30 ans, la revoir dans la semaine qui suit la première prescription, puis surveiller ce risque chaque semaine pendant le premier mois.
Où c’est écrit
CG113 1.2.30 [2011]
Risque de saignement
Saignement sous ISRS
Résumé PEB
Tenir compte du risque hémorragique accru sous ISRS, surtout chez le sujet âgé ou en cas d’association à un anti-inflammatoire non stéroïdien ou à l’aspirine. Envisager alors un protecteur gastrique.
Où c’est écrit
CG113 1.2.29 [2011]
Langue
Dans la langue de la personne
Résumé PEB
Envisager de proposer toutes les interventions dans la langue que la personne préfère, lorsque c’est possible.
Où c’est écrit
CG113 1.2.22 [2011]
Décision partagée
Information et décision partagée
Résumé PEB
Disposer d’une information fondée sur les preuves à propos des traitements, et discuter des options possibles, pour rendre la décision partagée possible.
Où c’est écrit
CG113 1.2.44 [2004]
Trouble panique
Palier 1 · Attaque de panique aux urgences
Entrée du parcours, et la recommandation la plus contre-intuitive du document.
Entrée du parcours.
Ensuite : étape 2, Palier 1 · Le diagnostic se fait à l’entretien, sans instrument.
Ce que dit la recommandation
« Ne pas hospitaliser, en règle générale, en lit de médecine ni de psychiatrie. »CG113 1.3.6 [2004]
Ce qu’elle ne dit pas
PEB résume le reste de la conduite : demander si un traitement est déjà en cours, ne faire que les examens nécessaires pour écarter une cause somatique aiguë, réadresser aux soins primaires avec une information écrite. Aucun examen n’est nommé, aucun délai de réadressage n’est fixé.
En France
Le seul document français en vigueur sur ce sujet est l’APALD ALD 23 « Troubles anxieux graves », actualisation de janvier 2025, adoptée le 23 janvier 2025 et mise en ligne le 31. Vérifiée en vigueur au 28 août 2026 sur la page de la HAS, qui ne référence aucun autre document pour cette ALD. Il déclare lui-même ne pas être une recommandation de bonne pratique et ne pas constituer une aide à la décision. Son périmètre couvre six troubles, dont l’anxiété généralisée et le trouble panique, défini par référence à la CIM 10 et au DSM IV. Reste non établi : le statut de la recommandation de l’ANAES de 2001 sur le trouble anxieux généralisé de l’adulte, que PEB n’a pas pu vérifier, le moteur de recherche de la HAS étant inaccessible. Tant que ce point n’est pas tranché, PEB n’écrit pas qu’aucune recommandation française n’existe.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
La méta-analyse de 165 études publiée dans le corpus PEB porte sur la mortalité et le suicide dans les troubles anxieux, pas sur le repérage. Elle éclaire l’enjeu de l’étape, pas sa performance. La recommandation, elle, ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de son texte.
Pour aller voir vous-même
Palier 1 · Le diagnostic se fait à l’entretien, sans instrument
À comparer avec le parcours de l’anxiété généralisée, qui nomme le GAD-2.
Vient après l’étape 1, Palier 1 · Attaque de panique aux urgences.
Ensuite : étape 3, Du palier 2 au palier 3 : c’est la sévérité qui décide.
Ce que dit la recommandation
« La preuve est insuffisante pour recommander un instrument de dépistage auto-rapporté bien validé à utiliser dans la démarche diagnostique. »CG113 1.3.3 [2004]
De quoi s’agit-il
Ce que cela veut dire en consultation. Aucun questionnaire n’est recommandé pour poser le diagnostic. Le texte demande de s’en remettre aux compétences d’entretien pour recueillir l’information nécessaire.Ce qu’elle ne dit pas
Le même document nomme le GAD-2 pour repérer l’anxiété généralisée. Ici, il conclut à l’absence de preuve suffisante. Les deux recommandations n’ont pas le même âge, 2011 contre 2004, et le texte ne rapproche jamais les deux positions.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Du palier 2 au palier 3 : c’est la sévérité qui décide
La bascule d’un palier à l’autre ne tient qu’à un mot, et ce mot n’est défini nulle part.
Vient après l’étape 2, Palier 1 · Le diagnostic se fait à l’entretien, sans instrument.
Ensuite : étape 4, Palier 2 · Léger à modéré : autosoins, facilités ou non ; étape 4 quater, Palier 3 · Modéré à sévère : TCC, ou antidépresseur ; étape 4 bis, Palier 3 · Pas de benzodiazépine ; étape 4 ter, Palier 3 · Pas d’antihistaminique sédatif, pas d’antipsychotique.
Ce que dit la recommandation
« Chez les personnes présentant un trouble panique modéré à sévère, avec ou sans agoraphobie, envisagez d’adresser pour : »CG113 1.3.12 [2011]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucun critère ne sépare le léger à modéré du modéré à sévère. Ni fréquence des attaques, ni retentissement, ni échelle. C’est pourtant la seule bifurcation du parcours.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Pour aller voir vous-même
- Troubles de la peur et anxiété généralisée, chevauchement génétique
- Le numéro d’étape, en pastille au coin de chaque carte. Il donne le rang dans le parcours. Une carte de même rang sur une autre branche se distingue par bis, ter, quater.
- Halo bleu pâle. Au survol ou au clic d’une carte, les étapes qui peuvent suivre s’allument en bleu pâle, et le chemin déjà parcouru jusqu’à l’entrée s’allume en ambre.
Palier 2 · Léger à modéré : autosoins, facilités ou non
Vient après l’étape 3, Du palier 2 au palier 3 : c’est la sévérité qui décide.
Ce que dit la recommandation
« Proposez, ou adressez pour, une des interventions de faible intensité suivantes. »CG113 1.3.9 [2011]
De quoi s’agit-il
Et ici, la source ne définit rien. La section du trouble panique nomme l’autosoin facilité et l’autosoin non facilité sans jamais dire ce qu’ils sont. Les seules définitions du document se trouvent dans la section de l’anxiété généralisée, et elles n’emploient pas le même mot : guidé d’un côté, facilité de l’autre. PEB reprend donc, faute de mieux, les définitions de l’autre section : matériel fondé sur la TCC, parcouru seul avec un contact minimal, ou accompagné par un praticien formé sur cinq à sept séances de vingt à trente minutes.Ce qu’elle ne dit pas
Aucune durée, aucun critère d’échec, et rien ne dit ce qu’il faut faire quand ces interventions ne suffisent pas, sinon par le nœud du recours après deux interventions.
En France
La liste française des actes pris en charge ne nomme aucune psychothérapie. L’actualisation de janvier 2025 a retiré la psychothérapie et le psychologue de la liste, et le comptage par script ne trouve aucune occurrence de « TCC » ni de « thérapie cognitive » dans le document. La HAS en donne la raison de forme : une APALD ne liste que les actes remboursés à l’acte par l’assurance maladie. Le fait n’en reste pas moins que l’intervention de première intention du référentiel britannique n’a pas d’existence dans le document français.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 3 · Modéré à sévère : TCC, ou antidépresseur
L’antidépresseur n’est pas au même rang que la TCC : trois conditions le déclenchent.
Vient après l’étape 3, Du palier 2 au palier 3 : c’est la sévérité qui décide.
Ensuite : étape 5, Palier 3 · TCC, durée optimale de 7 à 14 heures ; étape 5 bis, Palier 3 · ISRS ayant l’indication dans le trouble panique.
Ce que dit la recommandation
« Une TCC, ou un antidépresseur si le trouble est ancien, ou si la personne n’a pas tiré bénéfice d’une intervention psychologique ou l’a refusée. »CG113 1.3.12 [2011]
De quoi s’agit-il
Quel antidépresseur. Le texte renvoie aux ISRS ayant l’indication dans le trouble panique, détaillés au nœud suivant. Il ne nomme aucune molécule à cet endroit.Ce qu’elle ne dit pas
« Ancien » n’est pas chiffré. Le texte ne dit pas non plus combien de temps une intervention psychologique doit avoir été menée pour conclure qu’elle n’a pas bénéficié.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 3 · TCC, durée optimale de 7 à 14 heures
Un des rares chiffres du document.
Vient après l’étape 4 quater, Palier 3 · Modéré à sévère : TCC, ou antidépresseur.
Ce que dit la recommandation
« Une TCC dans la fourchette de durée optimale, 7 à 14 heures au total, devrait être proposée. »CG113 1.3.15 [2004]
De quoi s’agit-il
Ce que recouvre cette TCC. Le plus souvent des séances hebdomadaires d’une à deux heures, achevées en quatre mois. Une forme brève existe, d’environ sept heures, à condition d’être adossée à des supports d’autosoins structurés.Ce qu’elle ne dit pas
PEB résume la suite du texte : le plus souvent des séances hebdomadaires d’une à deux heures, achevées en quatre mois. Aucune étude n’est citée à l’appui de cette fourchette dans le corps des recommandations.
En France
La liste française des actes pris en charge ne nomme aucune psychothérapie. L’actualisation de janvier 2025 a retiré la psychothérapie et le psychologue de la liste, et le comptage par script ne trouve aucune occurrence de « TCC » ni de « thérapie cognitive » dans le document. La HAS en donne la raison de forme : une APALD ne liste que les actes remboursés à l’acte par l’assurance maladie. Le fait n’en reste pas moins que l’intervention de première intention du référentiel britannique n’a pas d’existence dans le document français.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 3 · ISRS ayant l’indication dans le trouble panique
Contrairement au parcours de l’anxiété généralisée, aucune molécule n’est nommée en première ligne.
Vient après l’étape 4 quater, Palier 3 · Modéré à sévère : TCC, ou antidépresseur.
Ensuite : étape 6, Palier 3 · Pas d’amélioration à 12 semaines : imipramine ou clomipramine ; étape 6 bis, Suivi · Évaluation à douze semaines : poursuivre, ou changer.
Ce que dit la recommandation
« Sauf indication contraire, un ISRS ayant l’autorisation dans le trouble panique devrait être proposé. »CG113 1.3.25 [2004]
De quoi s’agit-il
Les molécules que le texte nomme. Un amendement de juin 2020 précise les antidépresseurs autorisés au Royaume-Uni dans le trouble panique : escitalopram, sertraline, citalopram, paroxétine et venlafaxine. Le texte ajoute que les classes ayant une base de preuve sont les ISRS, les IRSN et les tricycliques, et que les antidépresseurs sont le seul traitement médicamenteux de la prise en charge au long cours.Ce qu’elle ne dit pas
Cette liste est celle des autorisations britanniques, à la date de l’amendement. Les indications françaises ne s’en déduisent pas et ne sont pas établies dans cet arbre. Aucune posologie, aucune durée de titration, aucun ordre de préférence entre les cinq.
En France
Le document français nomme six inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ainsi que la venlafaxine, la duloxétine et la clomipramine, parmi vingt-trois molécules au total. Il ne dit rien des indications, des lignes de traitement, ni de l’ordre dans lequel les essayer : ce n’est pas son objet. Les autorisations de mise sur le marché françaises ne se déduisent ni de ce document ni du texte britannique, et PEB ne les a pas vérifiées molécule par molécule.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 3 · Pas d’amélioration à 12 semaines : imipramine ou clomipramine
Hors AMM, le texte le signale lui-même.
Vient après l’étape 5 bis, Palier 3 · ISRS ayant l’indication dans le trouble panique.
Ce que dit la recommandation
« Si un ISRS ne convient pas, ou en l’absence d’amélioration après douze semaines de traitement, l’imipramine ou la clomipramine peuvent être envisagées. »CG113 1.3.26 [2004, amendé 2020]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucune posologie, aucun schéma de titration, aucune précaution cardiaque particulière n’est rappelée à ce nœud, alors qu’il s’agit de tricycliques.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Suivi · Évaluation à douze semaines : poursuivre, ou changer
Recommandation de suivi, rangée dans le document sous le titre du palier 5.
Vient après l’étape 5 bis, Palier 3 · ISRS ayant l’indication dans le trouble panique.
Ensuite : étape 7, Palier 4 · Après deux interventions, adresser au spécialiste.
Ce que dit la recommandation
« Au terme de douze semaines, l’efficacité du traitement doit être évaluée, et la décision prise de poursuivre ou d’envisager une autre intervention. »CG113 1.3.42 [2004]
Ce qu’elle ne dit pas
PEB résume la suite : au-delà de douze semaines, revoir la personne toutes les huit à douze semaines. Aucun critère d’efficacité n’est donné, et aucune échelle n’est nommée pour l’établir. À noter : cette recommandation appartient à une sous-partie « suivi et surveillance » que le document range sous le titre du palier 5, alors qu’elle concerne tous les paliers.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 3 · Pas de benzodiazépine
Interdit sans exception, et motivé par le devenir à long terme. Le parcours de l’anxiété généralisée, lui, ménage une exception.
Vient après l’étape 3, Du palier 2 au palier 3 : c’est la sévérité qui décide.
Ce que dit la recommandation
« Les benzodiazépines sont associées à un moins bon devenir à long terme et ne devraient pas être prescrites pour traiter un trouble panique. »CG113 1.3.20 [2004]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucune donnée chiffrée n’accompagne l’affirmation du moins bon devenir. Le texte ne renvoie à aucune étude à cet endroit, et ne prévoit rien pour la personne déjà sous benzodiazépine.
En France
C’est ici que l’écart est le plus net. Le document français nomme dix benzodiazépines parmi les molécules prises en charge au titre de l’ALD 23 pour les troubles anxieux graves, quand le référentiel britannique les écarte dans les deux parcours. Encore une fois, une liste de remboursement n’est pas une recommandation de prescrire, et la HAS l’écrit. Mais le praticien français qui cherche ce que le système prend en charge trouve dix benzodiazépines et aucune psychothérapie.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
L’affirmation d’un moins bon devenir à long terme sous benzodiazépine n’est accompagnée d’aucun chiffre ni d’aucun renvoi à une étude à cet endroit du texte. Elle porte l’étiquette 2004. Aucune analyse du corpus PEB ne porte sur cette question.
Palier 3 · Pas d’antihistaminique sédatif, pas d’antipsychotique
Vient après l’étape 3, Du palier 2 au palier 3 : c’est la sévérité qui décide.
Ce que dit la recommandation
« Les antihistaminiques sédatifs et les antipsychotiques ne devraient pas être prescrits pour traiter un trouble panique. »CG113 1.3.21 [2004]
Ce qu’elle ne dit pas
Aucune restriction de lieu de soins, contrairement à l’interdit d’antipsychotique du parcours anxiété généralisée, qui ne vise que les soins primaires.
En France
Le document français nomme deux antipsychotiques, la cyamémazine et le sulpiride, et range l’hydroxyzine parmi les autres anxiolytiques pris en charge. L’hydroxyzine est un antihistaminique sédatif, précisément la classe que le référentiel britannique écarte dans le trouble panique.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 4 · Après deux interventions, adresser au spécialiste
Le seul critère de recours du parcours, et il se compte.
Vient après l’étape 6 bis, Suivi · Évaluation à douze semaines : poursuivre, ou changer.
Ensuite : étape 8, Palier 5 · Réévaluation approfondie en service spécialisé.
Ce que dit la recommandation
« Dans la plupart des cas, si deux interventions ont été menées et que la personne garde des symptômes significatifs, un adressage aux services spécialisés devrait être proposé. »CG113 1.3.35 [2004]
Ce qu’elle ne dit pas
Le texte compte les interventions sans dire ce qui fait qu’une intervention a eu lieu. Ni durée minimale, ni observance, ni dose atteinte. Deux essais mal conduits comptent donc autant que deux essais complets.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Palier 5 · Réévaluation approfondie en service spécialisé
Vient après l’étape 7, Palier 4 · Après deux interventions, adresser au spécialiste.
Ce que dit la recommandation
« Les services spécialisés devraient conduire une réévaluation approfondie et globale de la personne, de son environnement et de sa situation sociale. »CG113 1.3.36 [2004, amendé 2020]
Ce qu’elle ne dit pas
PEB résume le contenu attendu de cette réévaluation : traitements antérieurs et leur observance, usage de substances dont nicotine, alcool et caféine, comorbidités, fonctionnement quotidien, réseau social, stress chroniques, place de l’évitement agoraphobique. Aucun outil n’est nommé.
Sur quoi ça repose
Personne ne l’a gradué. Aucune source ne cote cette étape.
Aucune des analyses du corpus PEB ne porte sur cette étape. Et la recommandation elle-même ne publie aucun niveau de preuve dans le corps de ses recommandations : ni GRADE, ni cotation, ni renvoi à une étude au nœud considéré. Personne ne l’a gradué.
Ce qui vaut à toutes les étapes
Recommandations qui ne dépendent pas de la position dans le parcours. Les entrées de la canopée sont des résumés de la recommandation, pas des citations mot pour mot.
Groupes de soutien
Informer sur les groupes de soutien
Résumé PEB
Proposer l’information sur les groupes de soutien là où il en existe. Le texte précise qu’ils peuvent prendre la forme de rencontres, de groupes téléphoniques parfois fondés sur les principes de la TCC, ou d’une information complémentaire.
Où c’est écrit
CG113 1.3.10 [2004]
Activité physique
Parler de l’activité physique
Résumé PEB
Discuter des bénéfices de l’exercice physique dans le cadre d’une bonne santé générale, avec toute personne présentant un trouble panique, selon ce qui est approprié.
Où c’est écrit
CG113 1.3.11 [2004]
Suivi des autosoins
Ne pas laisser l’autosoin sans contact
Résumé PEB
Proposer aux personnes qui suivent une intervention d’autosoins un contact avec les professionnels de soins primaires, afin que la progression soit suivie et qu’une autre intervention puisse être envisagée si nécessaire.
Où c’est écrit
CG113 1.3.44 [2004]
Mesurer l’évolution
Des questionnaires courts pour suivre
Résumé PEB
Utiliser autant que possible des questionnaires courts remplis par la personne, par exemple la sous-échelle panique de l’inventaire de mobilité agoraphobique. À noter : aucun instrument n’est recommandé pour le diagnostic, mais un exemple est nommé pour le suivi.
Où c’est écrit
CG113 1.3.45 [2004]
Progression sous TCC
Évaluer la progression sous TCC
Résumé PEB
Chaque cabinet devrait disposer d’un processus pour évaluer la progression d’une personne qui suit une TCC. La nature de ce processus est laissée au cas par cas, ce que le texte assume.
Où c’est écrit
CG113 1.3.40 [2004]
Arrêt des antidépresseurs
Ne pas arrêter brutalement
Résumé PEB
L’arrêt brutal d’un antidépresseur peut provoquer des symptômes de sevrage. Pour en limiter le risque, la dose doit être réduite progressivement, sur une période prolongée.
Où c’est écrit
CG113 1.3.30 [2004]
Ce que cet arbre ne couvre pas. CG113 ne traite que le trouble anxieux généralisé et le trouble panique de l’adulte. L’anxiété sociale, la phobie spécifique, le trouble obsessionnel compulsif et l’état de stress post-traumatique relèvent d’autres recommandations britanniques, qui ne sont pas dans cet arbre. Le document français de l’ALD 23, lui, couvre ces six troubles à la fois : les deux périmètres ne se superposent pas.
Notre régime de citation
Cet arbre cite une phrase par nœud, celle qui décide, avec son numéro de recommandation et son étiquette de date. Il ne reproduit aucune liste à puces du texte source : celles-ci sont résumées et annoncées comme résumés. Vingt-neuf citations courtes portent sur quarante des quatre-vingt-quinze recommandations du document. Le lecteur qui veut vérifier mot pour mot suit le lien vers NICE. Ce choix tient au fait que la licence ouverte de NICE ne couvre que le Royaume-Uni.
Comment cet arbre a été fabriqué
Les 29 citations viennent du texte de NICE lui-même, relevées sur la source et jamais de mémoire, avec leur numéro de recommandation et leur étiquette de date. Les chiffres de cette page ont été recomptés un par un plutôt que recopiés.
Deux points n’ont pas pu être tranchés, le statut de la recommandation française de 2001 sur le trouble anxieux généralisé et les autorisations de mise sur le marché françaises molécule par molécule. Nous ne les tranchons donc pas ici. Le détail de ces contrôles est expliqué sur la page Comment PEB vérifie ce qu’elle publie.
Sources
La lecture critique complète de cette recommandation, avec son évaluation méthodologique AGREE II, est publiée à part : fiche de recommandation NICE CG113.
- National Institute for Health and Care Excellence. Generalised anxiety disorder and panic disorder in adults: management. NICE Clinical Guideline No. 113. Publiée le 26 janvier 2011, dernière mise à jour le 15 juin 2020, vérifiée par NICE en mars 2020. Chapitre Recommendations consulté le 28 août 2026. Elle remplace la recommandation CG22.
- Haute Autorité de santé. ALD n° 23, Troubles anxieux graves. Actes et prestations affection de longue durée, actualisation de janvier 2025. Adoptée par le Collège le 23 janvier 2025, mise en ligne le 31 janvier 2025. Page de la HAS consultée le 28 août 2026.
- Spitzer RL, Kroenke K, Williams JBW, Löwe B. Échelle GAD-7, dont les deux premiers items constituent le GAD-2. Le questionnaire porte la mention « Copyright Pfizer Inc. No permission required to reproduce, translate, display, or distribute ».
Et de l’autre côté de la Manche
Cet arbre expose ce que dit le référentiel britannique. La France, elle, n’a pas de recommandation de bonne pratique établie sur ce sujet, mais un document de prise en charge qui liste vingt-trois molécules remboursées au titre de l’affection de longue durée, dont dix benzodiazépines, et aucune psychothérapie. Les deux se lisent l’un après l’autre, et l’écart entre eux est le sujet.
Ouvrir la page ALD 23, troubles anxieuxPsychiatry Evidence Base, la psychiatrie fondée sur les preuves, expliquée avec rigueur.
