Recommandation · Sujet âgé

Arrêter une benzodiazépine chez le patient de plus de 65 ans

Haute Autorité de santé · France · Recommandations pour la pratique clinique · 2007 Version décrite : texte validé par le Collège de la HAS en octobre 2007, le 17 octobre selon la page de la HAS ; recommandations dans le fichier intitulé version finale 2008, synthèse imprimée en 2008. Algorithme actualisé et étendu à toutes les populations par la fiche mémo HAS adoptée le 3 juin 2015. Pages HAS consultées le 10 septembre 2026, analyse arrêtée au 11 septembre 2026.
AGREE II global : 3/7 Actualisée en 2015, à lire avec la fiche mémo
En un coup d’oeil

Ce texte de la HAS porte sur l’arrêt des benzodiazépines chez le patient âgé. Il vise le patient de plus de 65 ans qui en prend chaque jour depuis plus de 30 jours, et il s’adresse à tout médecin qui renouvelle l’ordonnance. Le fond tient en peu de mots. L’arrêt est toujours progressif, il se décide avec le patient, et une baisse de dose compte déjà comme un bon résultat.

Le texte est moins étayé qu’il n’en a l’air. Neuf énoncés portent un grade, aucun n’est de grade A : trois B, six C. La plupart des consignes pratiques, rythme des consultations, conduite devant les signes de sevrage, situations qui demandent de la prudence, n’en portent aucun. Selon la convention posée par le document lui-même, elles relèvent donc de l’accord professionnel.

Ces grades ne suivent pas toujours leur preuve : cinq sur neuf vont au-delà de ce qu’écrit la synthèse de l’argumentaire. Le texte déclare l’intervention brève du médecin traitant efficace « à court et à long terme (grade B) ». L’argumentaire conclut pourtant : « La littérature ne permet pas de conclure quant à l’efficacité à long terme de tel protocole. » Le grade C de l’arrêt en 2 semaines à l’hôpital repose, lui, sur deux essais d’arrêt en une semaine assortis d’un traitement de relais, lormétazépam ou trazodone.

En 2015, la HAS a actualisé cet algorithme et l’a étendu à toutes les populations, par une fiche mémo. La commission de la HAS a résumé la démarche : « actualiser et d’élargir à la population générale » la recommandation de 2007. La fiche mémo admet un relais par le diazépam dans des cas précis, et elle écrit qu’un arrêt peut durer de trois mois à un an, ou plus si nécessaire. Au 10 septembre 2026, la page de 2007 ne signale pas cette actualisation.

Point de version. Le document de 2007 annonce une mise en ligne le 7 novembre 2007, la page de la HAS affiche le 22 septembre 2008, et le rapport de 2015 date le texte tantôt de 2007, tantôt de 2008. Aucune version antérieure à ces fichiers n’a été analysée. Le courrier et le calendrier proposés en ligne sont des fichiers que leurs métadonnées datent de 2012 ; leur contenu ne diffère des annexes que par des libellés.

Ce qui change lundi matin

Ce que la HAS recommande ou propose dans le texte de 2007, et le point sur lequel la fiche mémo de 2015 a pris le relais.

  • La HAS recommande de proposer une stratégie d’arrêt à tout patient âgé traité chaque jour depuis plus de 30 jours ; la synthèse précise : si l’indication n’est plus valide. La décision se partage, et l’échelle ECAB, présentée dans l’index des échelles, aide à mesurer l’attachement du patient à son médicament.
  • L’arrêt est toujours progressif. En ville, il peut être conduit habituellement en 4 à 10 semaines (grade B), sur plusieurs mois chez l’utilisateur de longue date ou à posologie élevée. Une baisse d’environ 25 % la première semaine est donnée comme exemple, pas comme schéma.
  • Le texte propose de revoir le patient une semaine après la première baisse, puis à chaque palier, soit toutes les 2 à 4 semaines quand la réduction se fait sans difficulté. Il recommande une consultation dans les 3 à 7 jours qui suivent la dernière prise, puis un suivi régulier, surtout pendant les 6 premiers mois.
  • Si des signes sans gravité surviennent pendant la décroissance, le texte recommande de revenir au palier précédent, puis de décroître plus lentement ; s’ils surviennent après l’arrêt complet, de ne surtout pas reprendre le traitement. Des signes graves de sevrage (confusion, hallucinations, troubles de vigilance, convulsions, coma) imposent l’hospitalisation.
  • Sur le relais par le diazépam, c’est la fiche mémo de 2015 qui porte la position la plus récente de la HAS parmi les documents analysés : envisageable dans certains cas, après vérification de la fonction hépatique.
Ce que dit la recommandation
Pour qui, et à quel moment
  • Le seuil de 65 ans est justifié par le risque iatrogène des patients polypathologiques et des plus de 75 ans, et par leur forte consommation de ces médicaments en France.
  • L’information sur la durée du traitement et sur son arrêt se donne dès la première prescription. Chaque demande de renouvellement est l’occasion de reposer la question.
  • La conduite de l’arrêt revient au médecin traitant. Si le patient refuse, le texte recommande de renouveler l’information plus tard ; en cas d’échec, de l’encourager à recommencer après avoir compris pourquoi ça n’a pas marché.
  • Chez le patient en fin de vie, arrêter n’est pas souhaitable.
  • Le texte ne nomme aucune molécule et ne définit pas ce qu’il appelle médicaments apparentés, même si l’argumentaire traite le zolpidem et la zopiclone avec les benzodiazépines dans ses données de consommation. Il ne propose ni table d’équivalence, ni schéma de paliers au-delà de l’exemple des 25 %, ni seuil pour la « dose très élevée » qui peut justifier une prise en charge spécialisée ; l’argumentaire la décrit seulement comme dépassant la dose recommandée.
Les neuf énoncés gradés
Ce que le texte grade, et ce qui le soutient dans l’argumentaire
Énoncé, reformuléGradeAppui dans l’argumentaire
Risques de la consommation et bénéfices de l’arrêt
La prise de benzodiazépine expose le patient âgé aux chutes et à leurs conséquencesBMéta-analyse de 5 653 patients : rapport de cotes 1,48, IC95 % 1,23 à 1,77
Elle expose aux altérations cognitivesCÉtudes épidémiologiques examinées selon les critères de causalité de Bradford Hill
Elle expose aux accidents de la voie publique, surtout chez le conducteurCMême méthode
Un arrêt progressif et encadré ne dégrade pas la qualité de vieCSelon l’argumentaire, l’interprétation des études « ne permet donc que de générer des hypothèses » ; sa synthèse dit que les données suggèrent l’absence d’altération. L’énoncé l’affirme
Cet arrêt peut améliorer certaines fonctions cognitivesCMême chapitre
Stratégies d’arrêt
L’intervention brève du médecin traitant réduit la consommation, à court et à long termeBProfil GRADE : 8 comparaisons issues de 5 essais randomisés et d’une étude non randomisée, 654 sur 2 991 contre 227 sur 2 381, rapport de cotes 2,64 (2,24 à 3,1), cotation ⊕⊕⊕○, suivi de 0,5 à 1,75 an. La synthèse juge l’effet à long terme non établi
En ville, l’arrêt se conduit habituellement en 4 à 10 semainesBAucune synthèse ne formule cette fourchette, qui n’apparaît que dans la proposition de recommandation. Les protocoles ambulatoires à durée fixe décrits en annexe vont de 4 à 10 semaines ; les annexes citent aussi une durée optimale de 6 à 8 semaines, un arrêt en une semaine à l’hôpital et une décroissance possible sur une année
Les thérapies cognitivo-comportementales associées à l’arrêt progressif aident à arrêter ou à réduireCProfil GRADE : 4 essais randomisés, 77 sur 174 contre 67 sur 165, rapport de cotes 5,5 (2,3 à 14,2) calculé sur 2 essais, cotation ⊕⊕○○. La synthèse note que l’ajout d’une thérapie semble plus efficace chez les patients insomniaques, mais juge les échantillons trop hétérogènes pour conclure à un effet sur la réussite de l’arrêt
En service de gériatrie, un arrêt progressif en 2 semaines réduit la posologie, bien toléré à 1 mois, sans dégrader le sommeilCDeux essais d’une même équipe, en gériatrie : arrêt sur une semaine avec un relais par lormétazépam 1 mg ou trazodone 50 mg, l’un des deux contre placebo. La durée de 2 semaines n’apparaît que dans la proposition de recommandation. Le profil GRADE, 1 essai randomisé, 16 sur 20 contre 10 sur 20 à 1 mois et 8 sur 20 contre 4 sur 20 à 12 mois, cotation ⊕⊕○○, correspond par ses effectifs à l’essai lormétazépam contre placebo. Sous traitement de relais, les patients avaient une « qualité de sommeil moins détériorée » ; l’argumentaire parle ailleurs de suivis courts, 1 mois et 6 semaines

Les valeurs des profils GRADE viennent de la figure 1 de l’argumentaire, pages 91 et 92. Les rapports de cotes y viennent de méta-analyses à effet fixe. Le profil de l’intervention brève compte des comparaisons et non des études, deux essais ayant trois bras. Dans la convention GRADE, trois ⊕ correspondent à une qualité modérée et deux à une qualité faible ; le document n’écrit pas ces libellés. Le grade se lit à part : un grade B dit la solidité de la preuve, pas l’importance de la consigne.

Évaluer la difficulté, prévenir le sevrage
  • Le sevrage est plus sévère, l’échec et la reprise plus fréquents quand la posologie est élevée et le traitement ancien. Plusieurs psychotropes associés compliquent l’arrêt. Une benzodiazépine prise pour l’anxiété, l’alcool, une insomnie sévère ou une détresse psychologique augmentent le risque de reprise ; une bonne perception de sa santé protège.
  • Traiter une dépression avant l’arrêt permet de maintenir l’abstinence plus longtemps. Le texte recommande de rechercher une dépression ou un trouble anxieux caractérisé avant de commencer.
  • Sevrage, rebond et rechute partagent beaucoup de signes et des délais qui se chevauchent. Le texte le reconnaît : souvent, seule l’évolution permet de trancher après coup. Chez le patient âgé dont l’arrêt n’est ni programmé ni suivi, le sevrage passe volontiers pour un effet de l’âge.
  • La diminution rapide, la posologie élevée, la demi-vie courte, une anxiété importante, une dépression et la surconsommation d’alcool sont associées à un sevrage plus sévère.
  • Deux paragraphes ne disent pas tout à fait la même chose sur les signes qui surviennent pendant la décroissance. Le paragraphe 5.1 fait revenir au palier antérieur dès des signes sans gravité ; le paragraphe 7.1 recommande d’abord de ralentir, et ne fait revenir à la posologie précédente que si les signes sont importants.
Les situations qui changent la conduite
Les deux listes du texte, et ce qu’en garde l’algorithme
Libellé du texte, paragraphe 6Repris dans l’algorithme
Précautions particulières : décroissance plus lente, suivi renforcé
dépression caractériséeoui, sous le seul mot « dépression »
insomnie chroniqueoui
troubles anxieux caractérisés (trouble panique, troubles obsessionnels compulsifs, troubles anxieux généralisés)en partie : « trouble anxieux caractérisé (tr panique, tr obsessionnel compulsif) », sans le trouble anxieux généralisé
troubles cognitifs, démenceoui
échecs de tentatives antérieures d’arrêtoui
surconsommation régulière d’alcool (sans dépendance)en partie, sans la mention « (sans dépendance) »
Prise en charge spécialisée, en lien avec le médecin traitant
consommation de BZD à dose très élevéeoui
insomnie rebelleoui
dépendance à l’alcool ou autre dépendanceoui, sur deux lignes
consommation associée d’autres psychotropesoui
troubles psychiatriques sévèresoui

L’algorithme figure dans le texte et dans la synthèse. Là où le texte prévoit « une consultation au cours des 3 à 7 jours après la dernière prise », l’algorithme indique « Consultations rapprochées jusqu’à 1 semaine après l’arrêt ». Il ajoute aussi une sortie, « Maintien du traitement par BZD ou apparentés si indication encore valide y compris en termes de durée », condition que le paragraphe 2 ne formule pas pour le patient traité depuis plus de 30 jours ; la synthèse la reprend dans son texte.

PEB en a tiré un arbre. L’arbre décisionnel suit le texte étape par étape, du patient traité depuis plus de 30 jours au suivi des six premiers mois. Il dit à chaque étape ce que le texte ne précise pas, et trace en pointillés le seul enchaînement qu’il ne formule pas. Voir l’arbre décisionnel de l’arrêt des benzodiazépines

Arrêter en ville, arrêter à l’hôpital
  • L’intervention brève passe par une information orale en consultation, ou par une lettre personnalisée remise par le médecin, dont le texte donne un modèle. Si le patient accepte, elle se prolonge par une consultation consacrée à l’arrêt : nom et propriétés de la molécule, risques au long cours, bénéfices attendus, signes possibles pendant l’arrêt, danger d’un arrêt trop rapide, conseils de réduction.
  • Le texte recommande de proposer au patient, et à son entourage, de tenir un calendrier de décroissance avec les symptômes inhabituels ; un agenda du sommeil peut aussi être utile. Avec l’accord du patient, le médecin peut informer le pharmacien habituel, et il est recommandé de proposer au patient de lui rapporter les boîtes qui lui restent.
  • Chaque consultation de suivi analyse les symptômes, vérifie l’adhésion, recherche une hausse de l’alcool, du tabac ou d’autres substances, et demande au patient de rapporter les comprimés non utilisés. Un accompagnement psychologique de soutien est jugé nécessaire, en particulier chez les patients anxieux ou déprimés, en cas de facteurs de stress importants, et quand l’arrêt dure longtemps.
  • Le texte reconnaît un intérêt aux thérapies cognitivo-comportementales associées à l’arrêt (grade C) et note qu’elles posent un problème d’accessibilité. La synthèse de l’argumentaire, elle, ne conclut pas à un effet sur la réussite de l’arrêt.
  • L’arrêt au cours d’une hospitalisation dédiée doit rester exceptionnel. Une hospitalisation pour un autre motif est une occasion d’arrêter sous surveillance, à condition d’une concertation préalable avec le médecin traitant et de l’accord du patient. Le texte y admet des arrêts progressifs rapides (grade C) ; les essais qui les fondent associaient un traitement de relais pendant la semaine d’arrêt.
Les outils publiés avec le texte
Sept outils, et la version proposée en ligne

Chaque nom d’outil ouvre le document téléchargeable sur le site de la HAS.

OutilPlace dans le texteContenuVersion en ligne
RCP commun aux benzodiazépines et apparentésannexe 1Troubles du sommeil : quelques jours à 4 semaines, réduction comprise. Anxiété : 8 à 12 semaines au plus pour la majorité des patients. Sevrage alcoolique : de l’ordre de 8 à 10 jourstitre développé, corps identique
Échelle ECABannexe 210 items vrai ou faux ; un score de 6 ou plus sépare patients dépendants et non dépendants, sensibilité 94 %, spécificité 81 %. Référencée dans l’index des échelles de PEB, rubrique Addictionsidentique
Échelle ECAB, document patienten ligne seulementLes 10 items, sans le paragraphe sur le seuil et ses performancessans objet
Courrier d’information du médecin traitantannexe 3Lettre type au patientfichier daté de 2012 par ses métadonnées, titre changé, corps identique
Calendrier de suivi de l’arrêtannexe 4Doses prévues et prises, jour par jour, observationsfichier daté de 2012 par ses métadonnées, libellés retouchés
Agenda sommeil éveilannexe 5Périodes de sommeil, siestes, prise d’hypnotique, qualité du sommeil et de l’éveilidentique
Signes rapportés à l’arrêtannexe 618 signes d’intensité modérée, 13 d’intensité sévèreidentique

L’argumentaire rapporte la validation de l’ECAB sur 52 patients psychiatriques, hospitalisés ou suivis en ambulatoire, consommateurs quotidiens depuis au moins 3 mois, avec la CIM-10 pour référence. Le passage ne donne pas leur âge : aucune validation propre au sujet âgé n’y est rapportée. Les durées de l’annexe 1 reprennent un schéma de l’Afssaps que le document ne date pas.

Qualité méthodologique, grille AGREE II

Corpus lu pour cette cotation

Pièces non obtenues

  • Les déclarations d’intérêts des membres des groupes. Ni le texte ni l’argumentaire n’en font état, et la page de la HAS renvoie à la base publique générale des déclarations, sans rien de propre à ce travail. L’item 23 est coté 1, comme la grille AGREE II le prévoit en l’absence d’information pertinente dans le document évalué.
  • Toute version du texte antérieure aux fichiers de 2008.

Ce corpus permet de coter les six domaines sur des passages lus. La cote 1 de l’item 23 dit que le document ne documente pas les intérêts de ses auteurs ; elle ne dit rien de ces intérêts eux-mêmes.

Qui a écrit et relu le texte
Qualité indiquée dans la listeGroupe de travailGroupe de lecture
médecin généraliste332
gériatre33
psychiatre13
neuro-psychiatre10
pharmacologue30
pharmacien11
interniste10
HAS, dont le chef de projet40
Afssaps10
ingénieur de recherche, chargée de projet10
médecin conseil01
médecin de santé publique01
patient, usager, infirmier, psychologue00
Total1941

Décompte sur les listes nominatives, qui portent les mêmes noms dans le texte et dans l’argumentaire. Un généraliste du groupe de lecture est inscrit « médecin généralise », compté ici avec les généralistes. Deux lignes regroupent plusieurs libellés : les membres de la HAS, et les professions absentes. Dix sociétés et agences ont été sollicitées, dont la Fédération française d’addictologie, mais aucun membre n’est présenté comme addictologue.

1. Champ et objectifs
Item 1, objectif : 6, finalité écrite, réduire la iatrogénie par des stratégies d’arrêt. Item 2, questions : 6, cinq questions dans le texte, six dans l’argumentaire. Item 3, population : 5, âge et durée d’exposition précis, mais « médicaments apparentés » jamais défini. Somme 17 sur 21 : (17 moins 3) sur 18.
78 %
2. Participation des groupes concernés
Item 4, professions : 5, gériatres, généralistes, pharmacologues et psychiatres présents, mais ni infirmier ni psychologue alors que le texte demande un soutien psychologique et cite les thérapies cognitivo-comportementales. Item 5, point de vue des patients : 3, aucun représentant ; leur point de vue n’est approché que par la littérature, études sur les attentes et le souhait d’arrêter, enquête auprès de patients qui avaient arrêté. Item 6, utilisateurs : 6, tout médecin qui renouvelle. Somme 14 sur 21.
61 %
3. Rigueur d’élaboration
Item 7, recherche : 4, bases nommées, équations montrées pour une seule syntaxe ; le tableau ne s’additionne pas, 533 références par ligne dont une ligne sans effectif, pour 686 au total, et ses périodes ne concordent pas avec la fiche descriptive. Item 8, sélection : 3, types d’études et langues indiqués, aucun critère d’exclusion. Item 9, forces et limites des preuves : 5, biais discutés stratégie par stratégie, profils GRADE. Item 10, formulation : 3, méthode décrite en termes généraux, sans procédure de consensus formalisée ; l’étiquette accord professionnel posée dans l’argumentaire ne figure pas dans le texte. Item 11, bénéfices et risques : 6, un chapitre entier. Item 12, lien avec les preuves : 3, chaque proposition suit sa synthèse, mais cinq énoncés gradés sur neuf vont au-delà de ce qu’elle écrit : effet à long terme de l’intervention brève, intérêt des thérapies, fourchette de 4 à 10 semaines, arrêt hospitalier en 2 semaines, qualité de vie. Item 13, relecture externe : 4, groupe de lecture de 41 membres consulté par courrier et avis de la commission ; ni les commentaires ni leur prise en compte ne sont publiés. Item 14, actualisation : 3, aucune procédure écrite en 2007, mais une actualisation effectivement conduite par la HAS en 2015. Somme 31 sur 56.
48 %
4. Clarté et présentation
Item 15, précision : 4, délais et rythmes chiffrés, mais l’algorithme s’écarte du texte sur cinq points, deux paragraphes divergent sur la conduite pendant la décroissance, et aucune dose n’est définie. Item 16, options : 6, ville ou hôpital, lettre ou consultation, thérapie, prise en charge spécialisée. Item 17, messages clés : 6, repérables dans la synthèse et l’algorithme, qui n’affichent aucun grade. Somme 16 sur 21.
72 %
5. Applicabilité
Item 18, freins et leviers : 3, obstacles cités de façon éparse, syndrome de sevrage, attachement au traitement, accès aux thérapies, sans méthode de recueil ; les rubriques d’applicabilité portent sur la généralisation des essais. Item 19, outils : 6, sept outils prêts à l’emploi. Item 20, ressources : 3, évaluation économique envisagée puis écartée faute de données françaises. Item 21, suivi : 2, aucun critère d’audit ; le texte renvoie aux outils du programme sur la prescription chez le sujet âgé sans en présenter, et pour les benzodiazépines, le rapport du programme sur les psychotropes ne prévoit que des indicateurs de consommation et de primo-prescription. Somme 14 sur 28.
42 %
6. Indépendance éditoriale
Item 22, financeur : 2, financement public déclaré, la HAS étant à la fois demandeur, promoteur et autorité de validation, sans déclaration d’indépendance. Item 23, conflits d’intérêts : 1, aucune mention de déclarations d’intérêts, de leur recueil ou de leur gestion dans le texte, l’argumentaire et les outils ; la grille AGREE II prévoit la cote 1 en l’absence d’information. Somme 3 sur 14 : (3 moins 2) sur 12.
8 %
Qualité globale : 3 sur 7. Le texte est clair et outillé, et son argumentaire expose ses preuves, mais cinq de ses neuf grades vont au-delà de leur synthèse, aucun patient n’a participé, les intérêts des auteurs ne sont pas documentés, et son algorithme a été actualisé en 2015. Recommandée pour la pratique : oui, avec modifications. Le texte se lit avec la fiche mémo de 2015, qui actualise l’algorithme, et les durées de prescription de son annexe 1 se vérifient sur les résumés des caractéristiques du produit en vigueur.

Méthode de cotation : les vingt-trois items d’AGREE II ont été cotés sur l’échelle 1 à 7, chacun adossé à un passage lu dans le corpus déclaré ci-dessus. Les pourcentages affichés sont les scores de domaine calculés par la formule de l’instrument, (somme obtenue moins somme minimale) divisée par (somme maximale moins somme minimale), multipliée par cent, puis arrondis à l’unité. Déviation déclarée : évaluateur unique, là où l’instrument en prévoit deux à quatre. La qualité globale est un jugement, pas une moyenne des domaines. Bandes de couleur PEB appliquées aux scores de domaine : excellent à 85 % et plus, très bon de 70 à 84 %, bon de 55 à 69 %, correct de 40 à 54 %, critiquable en dessous de 40 %.

Forces et limites

Forces

  • Un argumentaire de 150 pages qui discute les biais de chaque stratégie et en construit le profil de preuve selon GRADE.
  • Des risques examinés avec les critères de causalité de Bradford Hill.
  • Une conduite précise devant les signes qui surviennent pendant et après la décroissance.
  • Sept outils utilisables en consultation, dont un courrier type et une échelle chiffrée.
  • Un rythme de suivi daté jusqu’aux six mois qui suivent l’arrêt.

Limites

  • Neuf énoncés gradés, aucun de grade A ; la plupart des consignes pratiques n’ont pas de grade.
  • Cinq énoncés gradés sur neuf vont au-delà de leur synthèse, dont l’effet à long terme de l’intervention brève et l’arrêt hospitalier en 2 semaines, fondé sur des essais d’arrêt en une semaine avec un traitement de relais.
  • Ni patient, ni usager, ni infirmier, ni psychologue dans les groupes.
  • Un tableau de recherche documentaire qui ne s’additionne pas, avec une ligne sans effectif.
  • Aucune molécule, aucune équivalence, aucun schéma de paliers au-delà d’un exemple.
  • Un algorithme et une synthèse qui s’écartent du texte ; aucune procédure d’actualisation ni déclaration d’intérêts.
Conflits d’intérêts et financement
Non vérifiable
Financement déclaré, intérêts non documentés La fiche descriptive indique un financement sur fonds publics et une auto-saisine de la HAS, qui est aussi le promoteur du travail et l’autorité qui le valide. Ni les recommandations ni l’argumentaire ne mentionnent de déclarations d’intérêts, ni leur recueil, ni leur analyse : aucune occurrence des termes conflit, déclaration d’intérêts ou liens d’intérêts sur le texte intégral des deux documents et de leurs outils. La page de la recommandation renvoie à la base publique générale des déclarations. PEB ne déduit pas l’indépendance du caractère public du financement.
Applicabilité au cabinet libéral français
Lecture PEB pour la France

Le texte a été écrit pour la médecine de ville française et confie l’arrêt au médecin traitant, avec un courrier, un calendrier, un agenda du sommeil et un rythme de consultations.

Le texte signale lui-même que les thérapies cognitivo-comportementales sont peu accessibles, et le rapport de 2015 rapporte la difficulté de mettre en place une psychothérapie chez la personne âgée.

Ce qui a changé depuis : la HAS a actualisé la démarche en 2015, pour toutes les populations, sur le relais par le diazépam et sur la durée. Les durées de prescription de l’annexe 1 viennent d’un schéma de l’Afssaps non daté, et le rapport de 2015 rappelle une durée limitée à 4 semaines pour les hypnotiques et jusqu’à 12 semaines pour les anxiolytiques. L’état des autorisations en 2026 n’est documenté par aucune des sources analysées.

Appréciation PEB, écrite dans aucun texte officiel
Chez le plus de 65 ans, le relais par le diazépam se lit avec prudence. Les guides résumés dans le rapport de 2015, pages 11 et 17, rappellent que le diazépam a une demi-vie plus longue, et l’un d’eux, britannique et destiné à la médecine générale, indique qu’en cas d’insuffisance hépatique, une molécule sans métabolite actif comme l’oxazépam peut être préférée. La fiche mémo ne dit rien de propre au sujet âgé sur ce relais.
Comparaison avec la fiche mémo HAS de 2015

Convergence. Le rapport d’élaboration juge les données publiées depuis 2008 « similaires et cohérentes » avec le texte de 2007. Les deux documents gardent l’arrêt toujours progressif, la baisse de dose comme résultat favorable, le seuil de 30 jours, l’échelle ECAB, la consultation dans les 3 à 7 jours qui suivent la dernière prise, le suivi des 6 premiers mois et la même conduite devant les signes de sevrage.

Où les deux textes s’écartent, libellés des sources
PointHAS 2007Fiche mémo HAS 2015
Stratégie d’arrêtChez tout patient âgé traité quotidiennement depuis plus de 30 jours, il est recommandé de proposer une stratégie d’arrêt de la consommation de BZD et médicaments apparentés.Chez tout patient traité quotidiennement depuis plus de 30 jours, il est recommandé de proposer une stratégie d’arrêt de la consommation de BZD ou de médicaments apparentés.
Traitement substitutifIl n’y a pas d’argument pour proposer un traitement médicamenteux substitutif lors de l’arrêt des BZD.L’arrêt avec substitution par le diazépam peut être envisagé après vérification de la fonction hépatique dans certains cas : difficultés à l’arrêt en raison d’une forte dépendance, antécédents d’abandon de sevrage médicamenteux, consommation de molécules à action brève, à effet puissant ou ne permettant pas aisément de réaliser une réduction, consommation concomitante de plusieurs BZD.
Duréeen 4 à 10 semaines habituellement (grade B) ;
sur plusieurs mois pour des utilisateurs de longue durée ou recevant des posologies élevées de BZD ou médicaments apparentés.
L’arrêt peut prendre de 3 mois à un an, ou plus si nécessaire.

sur une durée de quelques semaines (4 à 10 semaines le plus souvent) à plusieurs mois (consommations de longue durée, posologies élevées).
Intervention brèveUne intervention brève réalisée par le médecin traitant est efficace pour réduire la consommation de BZD chez le sujet âgé à court et à long terme (grade B).Une première intervention réalisée par le médecin traitant peut être proposée, en particulier chez le patient dépendant à dose thérapeutique ou chez le sujet âgé.
Prise en charge spécialiséeconsommation de BZD à dose très élevée ; insomnie rebelle ; dépendance à l’alcool ou autre dépendance ; consommation associée d’autres psychotropes ; troubles psychiatriques sévères.En cas de doses très élevées de BZD, insomnie rebelle, dépendance à l’alcool, autre dépendance, usage récréatif, associations à d’autres psychotropes, troubles psychiatriques sévères.
Gradation9 énoncés gradés, 3 B et 6 Caucun grade

Libellés reproduits à l’identique. Dans la ligne Durée, la cellule de 2015 réunit deux passages distincts de la même page de la fiche mémo. La fiche mémo ajoute l’usage récréatif aux situations qui justifient une prise en charge spécialisée, et elle reprend du guide britannique NICE Clinical Knowledge Summaries les conditions dans lesquelles une personne est en capacité d’arrêter.

Ce que cet écart ne signifie pas. Il ne signifie pas que la HAS a renversé en 2015 une conclusion de preuve sur le relais par le diazépam. Dans l’argumentaire de 2007, le message sur le traitement substitutif, étiqueté accord professionnel, clôt le chapitre consacré à l’ajout d’un autre psychotrope, un antidépresseur surtout, pendant la décroissance ; la synthèse de ce chapitre notait d’ailleurs un effet favorable apparent de l’antidépresseur chez les patients déprimés. Le même argumentaire évaluait aussi un relais par une benzodiazépine, le lormétazépam, pendant l’arrêt rapide à l’hôpital, avec 80 % d’abstinents contre 50 % sous placebo dans un essai, et c’est cette stratégie qui fonde le grade C de l’arrêt hospitalier. Le texte des recommandations ne nomme jamais le diazépam, alors que plusieurs essais analysés passaient justement leurs patients sous diazépam avant de décroître. En 2015, la commission de la HAS a relevé « La confusion possible à la lecture du message clé de l’absence d’argument pour la substitution médicamenteuse à l’arrêt des BZD. » La fiche mémo remplace donc une formule ambiguë, et le rapport présente ce relais, d’après le guide britannique qu’il résume, comme envisageable « malgré l’absence de données de bonne qualité ».

Source et citation

Haute Autorité de santé. Modalités d’arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés chez le patient âgé. Recommandations pour la pratique clinique. Saint-Denis La Plaine : HAS ; octobre 2007. Recommandations, 28 pages ; synthèse, 2 pages ; argumentaire, 150 pages ; sept outils.

Haute Autorité de santé. Arrêt des benzodiazépines et médicaments apparentés : démarche du médecin traitant en ambulatoire. Fiche mémo, 5 pages, et rapport d’élaboration, 60 pages. Saint-Denis La Plaine : HAS ; juin 2015. Décision n°2015.0143/DC/SBPP du 3 juin 2015.

Haute Autorité de santé. Améliorer la prescription des psychotropes chez le sujet âgé. Propositions d’actions concertées, version courte. Octobre 2007, 18 pages.

Liens officiels : recommandation de 2007 · fiche mémo de 2015 · Version décrite : texte validé en octobre 2007, le 17 octobre selon la page de la HAS, recommandations dans le fichier intitulé version finale 2008 · Consultées le 10 septembre 2026 · Analyse arrêtée au 11 septembre 2026.

Ce qui n’a pas pu être vérifié. Les déclarations d’intérêts des membres des groupes, qui ne sont pas publiées avec le texte. L’identité entre les fichiers de 2008 et la mise en ligne annoncée de novembre 2007. L’état des résumés des caractéristiques du produit et des durées de prescription en vigueur en 2026. Les commentaires du groupe de lecture de 2007, qui ne sont pas publiés.

Les contenus sont élaborés selon les principes de la médecine fondée sur les preuves. Chaque analyse repose sur une lecture critique indépendante de la littérature et vise à en faciliter l’interprétation. Elle ne remplace ni les recommandations officielles, ni le raisonnement clinique, ni une prise en charge individualisée. Certaines données peuvent évoluer avec de nouvelles preuves.
Analyse issue de Psychiatry Evidence Base, la psychiatrie fondée sur les preuves, expliquée avec rigueur.
Vérification effectuée le 11 septembre 2026 sur le texte intégral du référentiel et sur ses annexes lorsque celles-ci sont publiées. Cette fiche a fait l’objet d’une double lecture indépendante. Comment nous vérifions ce que nous publions